Le marché des cosmétiques halal enregistre une croissance exponentielle. A l'horizon 2019, son potentiel devrait doubler. De quoi attirer les convoitises des industriels du secteur.

Dubaï accueille, du 15 au 17 mai, le Beautyworld Middle East 2016, un salon consacré aux cosmétiques. L’occasion de revenir sur le marché des produits de beauté halal.

C’est un marché de 20 milliards de dollars que représentaient, en 2014, les produits cosmétiques halal. Forcément, cela attire les convoitises et promet un avenir radieux aux industriels du secteurs. Surtout, les fabricants de cosmétiques halal vont engranger de plus en plus de bénéfices dans les années à venir. Selon le cabinet d’analyses TechNavio, ce potentiel de 20 milliards de dollars devrait doubler à l’horizon 2019. Une aubaine pour les L’Oréal, BASF et autres industries du secteur.

Les organismes de certification mènent la danse

Un marché à la fois simple et complexe. Pour le consommateur musulman, la certification halal permet d’acheter des produits cosmétiques qui « peuvent être tracés tout au long de la chaîne de valeur », selon les dirigeants de l’allemand BASF, qui a fait certifier 145 de ses ingrédients pour produits de beauté et d’hygiène. Ce process est, disent-il, « important en termes de garantie de qualité. » Les consommateurs indonésiens et malaisiens, aujourd’hui, ne jurent plus que par le halal lorsqu’ils achètent des produits cosmétiques.

Mais quelques freins peuvent refroidir les industriels. Comme le manque d’unicité du marché de la certification. Pour Monica Ducruet, responsable des questions de réglementation pour ingrédients cosmétiques à la filiale France de Givaudan, groupe suisse présent dans les arômes et la parfumerie, « le problème que l’on a, c’est le manque de reconnaissance entre les différents organismes certificateurs. » Cette responsable indique qu’il est aujourd’hui « difficile d’avoir un certificat reconnu dans plusieurs pays. »

L’Oréal, halal dans les pays d’Asie du Sud-Est

Mais les chiffres donnent tellement le tournis que les industriels sont obligés de s’engouffrer dans ce marché, qui représente (au moins) 6 % du marché global de la cosmétique. S’ils sont encore réticents à l’idée de vendre des cosmétiques halal en France et en Europe, les géants comme L’Oréal sont déjà prêts à dégainer leurs produits licites : la firme de Liliane Bettencourt a déjà fait certifier « des centaines de matières premières » pour pouvoir être présente dans les pays asiatiques.

Et d’autres pays représentent des potentiels énormes : l’Arabie saoudite, par exemple, où le marché des cosmétiques halal devrait croître de 15 % entre 2015 et 2020. L’engouement pour ces produits est également en augmentation sur le sous-continent indien, au Moyen-Orient et en Afrique. La marque australienne Inika l’a compris et a fait certifier ses produits qui peuvent désormais être exportés en Arabie saoudite. Les Français, eux, sont à la peine. Mais, tirés par l’exemple L’Oréal, ils pourraient bien devoir accélérer la certification de leurs produits.

Pierre Z. Lajarge

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