Chaque année, les dattes israéliennes envahissent les étals du monde entier avec une étiquette sud-africaine. BDS Maroc demande aux autorités de les interdire.

Le mouvement BDS a remporté une première victoire au Maroc en réussissant à faire boycotter les dattes israéliennes par la plupart des commerçants.

Alors que la campagne BDS — pour Boycott Désinvestissement Sanctions — a mis du temps à prendre au Maroc, l’ampleur des actions grandit peu à peu. Pour preuve, les dattes en provenance d’Israël ne sont pratiquement plus vendues par les grossistes et les détaillants, indique BDS Maroc. A Casablanca, Rabat, Salé et Mohammedia, le mouvement a convaincu les commerçants de ne plus proposer ces fruits. « Après trois visites au marché de gros (de Derb Mila, à Casablanca, ndlr), on nous a assuré que la demande des détaillants s’est arrêtée suite à notre campagne », indique un des membres du mouvement BDS à TelQuel. BDS a ensuite convaincu tous les vendeurs des plusieurs marchés de détail de Casablanca.

De fausses étiquettes « made in South Africa »

Une première victoire qui en appelle d’autre. Malgré la mise en route laborieuse du mouvement dans le royaume chérifien, les Marocains prennent peu à peu conscience de l’importance de boycotter les produits israéliens. « Nous avons noté une importante adhésion des détaillants à cette campagne », assure BDS Maroc, qui s’est aussi adressé, via plusieurs courriers, à l’Office nationale de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), au chef de gouvernement et aux ministères du Commerce et d’industrie et des Finances pour les prévenir de la tromperie à l’étiquetage des dattes King Solomon et Mehadrin, importées sous pavillon sud-africain. « Une partie de ces produits alimentaires – importés de Palestine occupée – pénètre sur le marché marocain sous une indication d’origine usurpée », indique le mouvement BDS, qui assure qu’« on trouve ainsi sur les boîtes les contenant des étiquettes qui indiquent une soi-disant origine d’Afrique du Sud. » BDS dénonce « une fraude dont est victime le consommateur. »

Pierre Z. Lajarge

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