Le 28 octobre dernier, l’ONG BarakaCity a été dissoute par le gouvernement. Celle-ci est accusée par le gouvernement de « relations au sein de la mouvance islamiste radicale » et de « se complaire à justifier des actes terroristes ». L’association a été dissoute en Conseil des ministres, alors que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait prévenu Idriss Sihamedi par un courrier quelques jours auparavant.

Une décision évidemment contestée par l’ONG, qui vient notamment en aide aux Rohingyas. Une audience d’examen du recours de l’association contre sa dissolution était d’ailleurs prévue ce lundi devant le Conseil d’Etat. Mais pour des raisons sanitaires, un report a été demandé par les deux avocats de l’ONG, Vincent Brengarth et William Bourdon.

Quelques heures après la publication du décret de dissolution de BarakaCity, les deux avocats ont annoncé qu’ils contestaient « en urgence » la dissolution administrative devant le Conseil d’Etat. « Tant les griefs formulés – sans lien avec les activités humanitaires de l’association – que la procédure suivie établissent le caractère brutal et discrétionnaire d’une telle décision », déplorent les avocats qui affirment que « des investigations judiciaires extrêmement poussées avaient été diligentées pour aboutir à un classement sans suite ».

En effet, pendant plusieurs années, l’ONG a été perquisitionnée et sujette à enquête. Mais cette dernière avait donc été classée sans suites. Malgré tout, estiment les deux avocats, « l’autorité publique semble (…) faire fi de cette réalité, pour à nouveau cibler l’association à la suite d’un attentat avec lequel elle n’a strictement aucun lien et qu’elle a condamné fermement ».

Après la décision de dissolution de l’ONG BarakaCity, son fondateur avait annoncé sa volonté d’installer le siège de son association en Turquie, dénonçant une islamophobie d’Etat après la décapitation d’un enseignant.