C’était en 2016. L’ancien patron de la DGSI, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, expliquait que des groupes d’ultra droite avaient mené des « actions contre les musulmans » qui avaient été annihilées par les services français. Alors que le gouvernement français s’est lancé dans une chasse aux organisations musulmanes après la décapitation d’un enseignant, des actions de groupuscules identitaires semblent passer entre les mailles des filets de la police française.

Sur les groupes de Génération identitaire, il y a quelques jours, des membres appelaient à des attentats contre des mosquées.

Jeudi à Avignon, un homme a menacé d’une arme un commerçant parce qu’il était maghrébin. Abattu par la police, cet homme portait une veste « Defend Europe », utilisée lors d’une opération anti-migrants initiée par le groupuscule d’extrême droite Génération identitaire. Il s’est d’ailleurs revendiqué de cette organisation.

Quelques heures plus tard, les murs de la grande mosquée de Pantin, en Seine-Saint-Denis, ont été recouverts de mots par des suspects aujourd’hui accusés de « dégradation d’un lieu de culte et provocation à la haine en raison d’une religion ».

Alors, pendant que le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur ont décidé de s’attaquer aux organisations musulmanes qui n’avaient aucun lien avec la décapitation de l’enseignant, on a l’impression que Génération identitaire peut agir en toute impunité.

« Les écoles clandestines, nous en fermons, nous allons continuer à en fermer. Les fausses associations qui font du lavage de cerveau, nous allons les dissoudre », explique le Premier ministre Jean Castex qui parle également de « faire face à la haine sur les réseaux sociaux ».

Pas un mot en revanche sur les groupuscules d’extrême droite. Un deux poids-deux mesures qui inquiète et qui pose question.