L'ancien meilleur allié des Etats-Unis, l'Arabie Saoudite, n'est plus en odeur de sainteté. Si bien que la visite du vice-prince héritier à Washington s'est soldée par un échec.

Le président américain a reçu le vice-prince héritier d’Arabie Saoudite pour apaiser les tensions entre les deux pays. Mais Obama reste inflexible.

Le timing ne pouvait pas être pire. Quelques jours après la tuerie homophobe d’Orlando, le vice-prince héritier et ministre saoudien de la Défense était en visite aux Etats-Unis pour rencontrer Barack Obama. D’autant que l’auteur de la tuerie avait effectué plusieurs voyage dans le royaume saoudien, où l’homosexualité est condamnée, tout au mieux, à une peine de prison. Mais Mohammed Ben Salman tenait à parler au président américain avant qu’il ne quitte la Maison-Blanche dans quelques mois, pour apaiser les relations entre les deux pays.

Dissensions sur le dossier iranien

En effet, la tension entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis est palpable depuis que le royaume a menacé de vendre ses bons du Trésor en cas d’adoption de la loi qui autoriserait des victimes des attaques du 11 septembre 2001 à poursuivre en justice l’Arabie Saoudite, alors qu’un rapport secret du Sénat pourrait être prochainement déclassifié. Celui-ci met en cause nommément le royaume saoudien dans les attaques terroristes du World Trade Center. Les deux Etats s’opposent également sur le dossier iranien, alors que Barack Obama a tendu la main au pays jusqu’alors sous embargo international.

Malgré les tensions et le fait que « les rencontres ont été très très positives », selon le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, Barack Obama a décidé de rester inflexible sur la position américaine. D’autant que l’Arabie Saoudite a perdu de sa superbe depuis la chute des cours du pétrole. Le ministre saoudien de la Défense a également fait chou blanc face à Ban Ki-Moon, qui avait accusé le royaume d’avoir fait pression pour que l’ONU retire son nom d’un rapport sur le Yemen. Le vice-prince héritier devrait trouver une oreille plus conciliante en France, où il est reçu depuis hier par François Hollande.

Yassine Bannani

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