Lors d'une interview, le ministre des Sports a assuré qu'en France, on dénombre une centaine de quartiers à la Molenbeek. Ce serait de la faute des émeutes de 2005...

Les actes terroristes se multiplient en Europe. Alors que Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles, a été montrée comme étant la « base arrière » du jihadisme européen, le ministre des Sports s’est fendu d’une déclaration quelque peu étonnante…

Après les attentats à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles, les médias ont envahi Molenbeek. Cette banlieue de Bruxelles serait, selon les commentateurs, le « base arrière » du jihadisme européen. D’autant que la cavale de Salah Abdeslam s’était transformée en simple retranchement chez ses proches aux alentours de Molenbeek. D’où la question qui tourne actuellement dans toutes les rédactions : et si la France avait elle aussi ses Molenbeek. Loin de calmer les fantasmes à ce sujet, le ministre des Sports, Patrick Kanner, a affirmé dans une interview : « Il existe une centaine de quartiers comme Molenbeek en France. Mais c’est l’approche du problème qui diffère. »

Une vision simpliste des origines du jihadisme

Pour Patrick Kanner, Molenbeek est devenue une base arrière du jihadisme à cause d’« une concentration énorme de pauvreté et de chômage, c’est un système ultra-communautariste, c’est un système mafieux avec une économie souterraine, c’est un système où les services publics ont disparu ou quasiment disparu, c’est un système où les élus ont baissé les bras », balance le ministre pour qui « Moleenbek a acquis une réputation de fief jihadiste depuis les attentats parisiens. »

Transformé en expert du jihadisme, Patrick Kanner assure que la France gère parfaitement le problème des banlieues. « Il y a une différence énorme, nous prenons le taureau par les cornes dans ces quartiers », dit-il. Avant de pointer du doigt le problème : « Il y a eu un développement du salafisme international » affirme-t-il, ajoutant que, « en 2005, il y a eu une fragilisation d’une partie de la jeunesse à travers (les) émeutes urbaines », qui ont permis à « des prédateurs » de s’installer dans les quartiers. » Quant à l’Etat, il ne semble aucunement responsable de la situation dramatique des banlieues.

Yassine Bannani

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