A Bahreïn, la majorité chiite est discriminée par la famille royale sunnite. Une situation qui n'empêche pas le pays d'accueillir un Grand Prix de Formule 1 ce dimanche.

Le GP de Bahreïn se déroule dimanche après-midi. Derrière les stands et les paddocks, la population subit une répression de plus en plus violente. Mais pas de quoi pour autant faire fuir les coureurs.

Ce dimanche, le royaume de Bahreïn accueille le Grand Prix de Formule 1. Si l’on ne connaît pas encore le vainqueur de l’épreuve, on sait déjà qui sont les grands perdants de cet événement. Car depuis février, la contestation ne cessent de s’amplifier. Depuis 2012, ils sont nombreux, à Bahreïn, à demander le boycott du GP de Bahreïn. Mais cette fois, la fédération internationale compte bien aller jusqu’au bout de l’épreuve. Il faut dire que les moyens mis dans la Formule 1 sont colossaux.

Déjà un GP annulé il y a cinq ans

En 2011, la FIA avait envisagé d’annuler l’épreuve après l’avoir décalée de plusieurs mois, le pays étant en proie à une crise politique et sociale. Mais à quatre mois de disputer le GP, les organisateurs du royaume avait annoncé qu'ils renonçaient à l’organiser. « Le gouvernement était furieux lorsque le GP a été annulé, compte tenu de l'argent qu'ils avaient investi en F1. L'économie de Bahreïn a perdu 250 millions d’euros à cause de cette décision et ils ont clairement fait comprendre que cela ne pouvait pas se reproduire », explique un spécialiste. Pour la FIA, l’argent n’a pas d’odeur…

Richard Burden député britannique

Les équipes de F1 font des courses dans d'autres pays dont le respect des droits de l'Homme est peu enviable. Mais ce n'est pas pour ça que la F1 doit contribuer à présenter au monde extérieur une image ouatée de normalité à Bahreïn.

Le sort de la population inquiète peu lorsque les enjeux sportifs sont importants. Ce fut le cas au Brésil, lors de la dernière Coupe du Monde de football, pendant laquelle la contestation sociale a été parfaitement muselée. Du côte de Bahreïn, on ne parlera évidemment pas de la discrimination dont sont victimes les chittes. Certes, 70 % de la population du Bahreïn est chiite. Mais la famille royale est sunnite. Et, surtout, Hamed ben Issa Al Khalifa entretient évidemment des liens très étroits avec l’Arabie saoudite. Les chiites seraient bloqués dans l’administration, et il leur serait impossible d’obtenir des postes politiques ou militaires importants.

Des défenseurs des droits de l’Homme emprisonnés

En juillet dernier, l’ONU dénonçait que le Bahreïn ait libéré le défenseur des droits humains, Nabil Rajab, pour raisons de santé. Il s’agit, selon les Nations Unies, d’une « demi-mesure, étant donné qu'il est toujours inculpé et risque quinze ans de prison. » L’ONU appelait alors « à la libération immédiate de tous les militants bahreïnis, ainsi que des dissidents politiques, détenus pour avoir exercé pacifiquement leurs droits. » La FIA semble n’avoir que faire du non-respect des droits de l’Homme dans le Bahreïn. Logique : la saison de F1 débute, et elle ne va pas commencer avec une polémique qui pourrait ternir l’image de ce sport mécanique.

Yassine Bannani

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