Le candidat d'extrême droite à la présidentielle en Autriche, éliminé au second tour, va retenter sa chance : l'élection est à refaire.

Le premier scrutin a été annulé par la Cour Constitutionnelle. Norbert Hofer, candidat FPO, peut-il s’imposer comme chef de l’Etat ?

Alors que l’extrême droite avait terminé en tête de l’élection présidentielle en Autriche — Norbert Hofer avait obtenu 35,5 % des suffrages —, c’est finalement le candidat écologiste qui avait réussi à remporter le scrutin sur le fil. Certes, dans ce pays, la fonction de président de la république est faible, constitutionnellement. Rien de commun avec la France. Le président est chef des armées, garant des institutions. Mais le réel pouvoir est aux mains du Premier ministre et du parlement. Mais symboliquement, la possible arrivée de l’extrême droite à la présidence avait été un des enjeux du scrutin. Et si l’Autriche a pensé éviter le pire, il faudra finalement rejouer le match. Et la bataille qui se réengage avec la convocation de nouvelles élections à l’automne sera un enjeu de taille. Norbert Hofer, choisi par le parti d’extrême-droite FPO, avait échoué de seulement 30 000 voix au second tour de la présidentielle face au fade écologiste Alexander Van der Bellen. Or, l’examen des résultats a conclu à des irrégularités sur 78 000 bulletins. De quoi redonner espoir au parti d’extrême droite. Norbert Hofer se voit (à nouveau) président.

Le premier président d’extrême-droite ?

S’il était élu, il deviendrait le premier chef d’Etat de ce courant de pensée à occuper cette haute fonction en Europe. Dans la foulée du Brexit et de ses soubresauts, l’Autriche sera sévèrement scrutée. Le FPO enregistre des scores de plus en plus importants, élection après élection. Le parti de Jörg Haider, décédé, peut se targuer d’avoir enregistré son meilleur chiffre depuis la Seconde guerre mondiale. A l’époque le drapeau nazi flottait sur une partie du continent européen. La flambée populiste et fasciste qui contamine de nombreux pays (Hongrie, Italie, France…) offrira-t-elle une victoire aux partisans d’une Autriche fermée sur elle-même ? Réponse dans quelques semaines.

Yassine Bannani

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