Bien que le pouvoir marocain ait normalisé ses relations avec Israël, le peuple continue d’afficher son soutien à la Palestine occupée.

La normalisation des relations entre le Maroc et Israël a passé un cap, avec la visite en Israël du chef d’état-major de l’armée marocaine. En juillet, c’est le chef d’état-major de l’armée israélienne Aviv Kohavi qui se rendait dans le royaume. En novembre, les deux pays avaient alors signé un protocole d’accord pour une coopération bilatérale accrue dans les domaines de la défense, du renseignement, de la coopération industrielle et de la formation militaire.

Depuis, difficile pour Rabat d’afficher ouvertement son soutien à la Palestine même si le ministre du Développement social du gouvernement palestinien, Ahmed Majdalani, a affirmé à l’occasion de la Fête du Trône « Tout le monde connaît le grand soutien apporté par le Maroc à l’État de Palestine dans divers domaines, en particulier le soutien financier qu’elle apporte au Comité Al-Qods, qui est principalement composé d’un don personnel du roi, ce qui contribue à la poursuite de la résistance du peuple palestinien et à sa survie sur sa terre ».

Qu’en pense le peuple ? L’an dernier, à Jeune Afrique, un militant pro-Palestine ironisait : « La Palestine était une cause nationale, aujourd’hui les Marocains veulent partir en vacances à Tel-Aviv. Ce n’est plus la même époque ni la même génération ».

Les plus grandes manifestations pro-Palestine au Maroc

Mais dans les faits, ce changement de point de vue ne touche qu’une infime partie de la population marocaine. « Dans les années 2000, c’est au Maroc qu’ont eu lieu les plus importantes manifestations pour la cause palestinienne », rappelait Alain Gresh dans Le Journal de l’Afrique.

Preuve de ce soutien indéfectible à la Palestine : le 9 septembre dernier, des dizaines de manifestants pro-palestiniens ont protesté devant le Parlement marocain contre la normalisation des liens entre le royaume et Israël. Israël venait de rappeler son ambassadeur à Rabat dans le cadre d’une enquête.

David Govrin est en effet ciblé par des accusations d’abus sexuels, mais aussi d’exploitation de femmes marocaines, de harcèlement et d’attentat à la pudeur.

« La dignité du Maroc n’est pas à vendre, la normalisation doit cesser », ont scandé les manifestants il y a quelques jours, donc.

Le mouvement BDS rappelle que les dirigeants marocains manquent de « légitimité populaire », et assure que « le peuple marocain, qui a toujours considéré Israël comme son ennemi (…) avait organisé les plus grandes manifestations historiques de soutien à la Palestine après les massacres répétés d’Israël à Gaza, et s’était toujours tenu avec la lutte du peuple palestinien ».

Nul doute que cela continuera encore et toujours, et ce malgré la normalisation des relations entre les deux pays.

 

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