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Au Bangladesh, la police abat deux Rohingyas dans un camp

La police du Bangladesh a indiqué avoir abattu samedi dans un camp de réfugiés deux Rohingyas, accusés d’avoir tué cette semaine un responsable politique du parti au pouvoir.

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Quelque 740.000 membres de cette ethnie musulmane ont fui, en août 2017, la répression militaire en Birmanie – pays où la majorité de la population est bouddhiste.

Ils ont rejoint 200.000 autres réfugiés déjà installés dans des camps de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh.

« Les deux hommes sont décédés alors qu’ils étaient conduits à l’hôpital », a indiqué à l’AFP un inspecteur de la police locale, Rasel Ahmad.

L’incident s’est déroulé dans le camp de réfugiés de Jadimura, situé dans le district de Cox’s Bazar (sud-est du Bangladesh).

Selon M. Ahmad, les deux Rohingyas ont été abattus à l’issue d’une chasse à l’homme visant à appréhender les suspects du meurtre jeudi d’un responsable du parti au pouvoir dans le pays, la Ligue Awami.

L’exécution par balle de cet homme politique, Omar Faruk, avait suscité une grande émotion. Des centaines de personnes en colère avaient bloqué plusieurs heures durant une route d’accès aux camps de réfugiés et vandalisé des magasins fréquentés par des Rohingyas.

« Nous voulons que justice soit faite le plus rapidement possible », avait déclaré Abdul Matin, un proche du responsable politique.

Le réfugié rohingya Mohammad Saber, qui a échappé de peu à l’ire de la foule, a déclaré que des habitants avaient frappé des réfugiés.

« Ils nous ont menacés, disant qu’ils nous tueraient si on ne partait pas. Pourquoi serions-nous punis parce que d’autres ont mal agi ? », a-t-il demandé.

D’autres réfugiés ont affirmé que les violences avaient propagé la peur dans le camp, où les mesures de sécurité ont été renforcées.

Le camp, d’habitude très fréquenté, était désert samedi dans la soirée, avec des rues et des boutiques fermées.

Le chef de la police du district de Cox’s Bazar, Ikbal Hossain, a déclaré que des mesures seraient prises contre les responsables des violences.

« Nous avons identifié certaines personnes. Nous les mènerons devant la justice, quel qu’en soit le coût », a-t-il assuré.

Des défenseurs des droits de l’homme ont déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat que les deux Rohingyas avaient probablement été abattus lors d’une mise en scène de la police.

Le Bangladesh et la Birmanie ont signé un accord de rapatriement des Rohingyas en 2017. Mais deux tentatives, en novembre puis cette semaine, ont échoué car les réfugiés refusaient de partir.

Ceux-ci, apatrides, exigent des garanties de sécurité, ainsi que la nationalité birmane.

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