La ville de Québec a organisé quatre jours de commémorations, en souvenir de la tragédie du 29 janvier 2017. Ce soir-là, juste après la dernière prière, une fusillade au Centre culturel islamique faisait six morts et dix-neuf blessés. 

Un an après, l’émotion est toujours aussi vive pour les Canadiens et plusieurs événements et rassemblements ont eu lieu à Québec mais aussi dans les grandes villes du Canada comme Ottawa, Toronto ou Vancouver. 

Vendredi 26 janvier, au Centre culturel islamique de Québec, plus d’une centaine de personnes se sont réunies sur les lieux du drame. La prière spéciale en direct de la mosquée, a été diffusée sur le web.

Le samedi 26 janvier, la mosquée a aussi organisé une journée portes ouvertes auquel ont participé les familles des victimes, des fidèles, mais aussi de simples citoyens touchés. Les murs de la mosquée étaient d’ailleurs drapés de messages de soutien envoyés par des gens de partout dans le monde, comme le rapportent les médias canadiens. 

Quant à l’université de Laval, où était inscrit le terroriste, elle avait organisé un colloque sur la lutte contre le racisme à l’automne dernier. Pour les commémorations, l’université à choisi de diffuser un documentaire sur la fusillade. Intitulé « Ta dernière marche dans la mosquée », ce film rapporte les témoignages de membres de la famille des proches ayant péri dans l’attentat ainsi que ceux des survivants. Il sera projeté dans plusieurs villes du Canada dans les prochaines semaines. 

« On peut dire que le vivre-ensemble on le vit maintenant »

Une centaine de citoyens ont également répondu à l’appel de la communauté de Québec pour participer à une rencontre publique, où les six veuves de l’attentat se sont exprimées pour la première fois, ainsi que le président du Centre culturel islamique : 

« Le souvenirs de nos frères décédés reviennent toujours, mais la présence de nos concitoyens, c’est très réconfortant. On peut dire que le vivre-ensemble on le vit maintenant (…) J’ai parlé à plusieurs de mes concitoyens québécois qui sont venus me voir et c’est très touchant ». 

Radio Canada confirme cet élan de solidarité suite à la fusillade, marqué par des lettres de soutien, une veillée à la chandelle, une marche contre la haine et l’organisation d’autres événements par des collectifs citoyens durant les mois suivants.

Aymen Derbali, le héros de la mosquée de Québec, qui a risqué sa vie ce jour-là en s’interposant auprès du tueur, a pris la parole à cette occasion. Ayant reçu sept balles, ses jambes sont désormais paralysées et il reçoit toujours de nombreux traitements. 

« C’est vrai que c’est un Québécois qui a semé la terreur à la mosquée, mais c’est aussi vrai que ce sont des médecins québécois, le staff médical québécois qui a fait tous ces efforts pour nous sauver. Moi, principalement, je tiens à les remercier ». 

Le Conseil national des musulmans demande une journée nationale contre l’islamophobie au Canada

Lundi, les commémorations se sont poursuivies à Québec. Les citoyens ont été invités à apporter des fleurs et des chandelles pour une cérémonie près de la mosquée. De nombreux représentants de la classe politique canadienne ont également répondu présents lors de cette cérémonie. Parmi eux, le premier ministre du Québec Philippe Couillard, ainsi que le premier ministre du Canada Justin Trudeau. 

Après une première déclaration devant les membres du Parlement, ce dernier a adressé un message aux victimes, et a encouragé à la poursuite du vivre-ensemble. Il a également rappelé son soutien à la communauté musulmane et exhorté les Canadiens à combattre l’islamophobie. 

« L’islamophobie, ça nous dérange. C’est une réflexion qu’il va falloir avoir en tant que société », a t-il déclaré, soulignant « qu’il ne faut pas faire semblant que l’islamophobie n’existe pas ». 

Un appel à l’instauration d’une journée nationale contre l’islamophobie a d’ailleurs été lancé début janvier par le Conseil national des musulmans. Il souhaite qu’elle soit instaurée le 29 janvier, date anniversaire de l’attentat à la mosquée. Une proposition qui divise déjà la classe politique, et à laquelle Justin Trudeau dit réfléchir, afin de trouver la meilleure manière de commémorer le souvenir des victimes dans les années à venir.