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Politique

Assises territoriales de l’Islam de France : de quoi parle-t-on ?

Avant le 15 septembre, les préfets de France devront s’entretenir avec les représentants musulmans départementaux. Une initiative dont Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a dévoilé les contours.

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Il l’avait annoncé lors de l’iftar du Conseil français du culte musulman (CFCM) le 12 juin dernier. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb va lancer des « assises territoriales de l’Islam de France. » Dans une circulaire adressée aux préfets le 25 juin, le ministre d’Etat dessine un peu plus les contours de cette initiative qui s’inscrira, dit-il, « dans la continuité des instances de dialogue organisées depuis 2015 » et initiées à l’époque par Bernard Cazeneuve, qui avaient débouché sur la création de la Fondation de l’Islam de France.

« Ouverture » et « diversité »

Cette fois, Gérard Collomb propose que tout ne soit pas décidé à Paris et veut que soient organisées « des réunions décentralisées dans chaque département. » Date limite ? Le 15 septembre. Les préfets sont chargés de la mise en place de ces rendez-vous et doivent rendre, avant le 15 juillet, leurs « lignes directrices » au ministère de l’Intérieur. « Il vous appartiendra d’associer tous ceux avec qui un dialogue républicain et citoyen est possible », écrit Gérard Collomb aux préfets. Le ministre demande une « ouverture » et une « diversité ».

Mais qui participera donc à ces assises départementales ? « L’organisation de ces assises devra permettre de représenter l’Islam de France dans toute sa diversité », écrit le ministre à ses préfets. Il demande aux préfets de « faire connaître et de valoriser les initiatives locales prises » dans les départements et de « recueillir l’expression des attentes et des propositions des acteurs locaux du culte musulman et de ceux qui s’y intéressent. » Des préfets qui devront « identifier les interlocuteurs qui pourront participer » aux réunions.

Une façon de tester la mise en place d’un Grand imamat ?

Gérard Collomb compte bien entendu sur la présence des « représentants institutionnels », mais également sur « celles et ceux qui, issus de la société civile de la communauté musulmane sont dans (les) départements des exemples de réussite. » Libre aux préfets de choisir le format que prendront ces assises : tables rondes, réunions de travail fermées, débats ou ateliers. Avec un seul interlocuteur imposé : les CRCM (Conseils régionaux du culte musulman), qui devront être associés « autant que possible » à cette initiative. Voilà pour la forme.

Sur le fond, le ministre de l’Intérieur semble accorder une place importante à la mise en place d’un Grand imamat, sans nommer les choses. Gérard Collomb estime en effet que « la structure collégiale ou représentative des ministres du culte pourra (…) être légitimement posée. » Le ministre a identifié d’autres thèmes à aborder : « la gouvernance des lieux de culte », « le financement du culte » et « la formation des acteurs cultuels. » « Ces thèmes de travail ont aujourd’hui une importance nationale, mais ils ne doivent pas constituer un parcours obligé », nuance le ministre de l’Intérieur, qui assure vouloir « que soit davantage entendue la voix de la grande majorité des musulmans de France qui ne souhaitent pas voir leur culte dévoyé par une minorité. »

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