Le candidat à la présidentielle Arnaud Montebourg a exprimé dimanche 07 novembre sa volonté de “taper au portefeuille” pour pousser les États à rapatrier leurs ressortissants expulsés, dans une France qui n’arrive “plus à intégrer ».  

A l’approche de la présidentielle, la question migratoire demeure au centre du débat politique. Les candidats rivalisent d’ingéniosité pour proposer des solutions face au problème ‘migrant’. L’ancien ministre socialiste n’échappe pas à la tendance. Arnaud Montebourg veut bloquer les transferts d’argent privé vers les pays qui refusent de rapatrier leurs ressortissants visés par une mesure d’expulsion sur le territoire français.

Invité au grand jury LCI/RTL/Le Figaro, le candidat Montebourg a expliqué pourquoi la France n’arrive plus à intégrer, et qu’il est nécessaire de rapatrier ces migrants. “Pourquoi on n’arrive pas à intégrer? Vous avez aujourd’hui 100.000 mesures d’obligation pesant sur des personnes qui doivent quitter le territoire qu’on n’arrive pas à exécuter. Ces personnes sont là et sont d’ailleurs souvent des délinquants. Donc moi je suis décidé à taper au portefeuille”.

L’argent pour contraindre

Pour pousser les États à ‘récupérer’ leurs migrants, et à la coopération, Arnaud Montebourg table sur les transferts d’argent privé qui passent par Western Union dont le montant s’élève à 11 milliards sur l’ensemble des pays d’origine, d’après lui. “Nous bloquons tous les transferts aussi longtemps qu’on n’a pas un accueil de coopération. Ces transferts d’argent privé sont une manne pour ces pays et nous avons besoin aujourd’hui de dire: ça suffit”.

La récente décision de réduire le nombre de visas accordés aux Algériens, Marocains et Tunisiens par la France, pour mettre la pression sur les gouvernements ne fonctionne pas. Le leader de “La Remontada” préfère le chantage financier et monétaire, pour contraindre ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée à coopérer.

Cette mesure avait déjà été prononcée sur la scène politique française par Marine Le Pen, dans une vidéo où elle déclare “Je propose que la France remette en cause les autorisations de transferts d’argent que les ressortissants algériens envoient chaque année vers l’Alg​érie […] et qui ne participent pas à l’économie française”.

Buzz ou flop ?

La proposition du candidat Montebourg a déclenché des réactions immédiates chez les responsables politiques. Jean-Luc Mélenchon y voit “une erreur cruelle” et avertit son adversaire à la présidentielle de ne pas glisser sur “le terrain glauque”. Sandrine Rousseau, finaliste de la primaire écologiste, a embrayé “Arnaud reviens avec nous! A gauche, en sortant du studio”. Eric Zemmour a quant à lui ironisé sur Twitter “En panne d’idées, Arnaud Montebourg a regardé en replay des vidéos sur ma chaîne Youtube. Bravo Arnaud !”.

Même Arnaud Montebourg est revenu sur sa propre déclaration. Il a fait son mea culpa, prétextant s’être mal exprimé. “J’ai voulu viser les Etats, je ne souhaite pas toucher ces familles qui travaillent dur, envoient de l’argent dans leurs familles de l’autre côté de la Méditerranée. J’ai ressenti beaucoup d’émoi, beaucoup d’émotions, chez mes propres amis, dans ma famille, certains pratiquent ce soutien, cette entraide par-delà les frontières. […] Je me suis fait engueuler par des gens que j’aime” a-t-il affirmé, en tentant de se rattraper.

Mais qu’a-t-il voulu dire alors? “J’ai voulu dire: maintenant il va falloir taper aux portefeuilles, mais de qui? Des Etats d’abord, ce sont les Etats qui sont en cause. Dans la recherche d’un rapport diplomatique, il est nécessaire que les Etats bougent. Le président de la République a proposé la restriction des visas, j’ai l’impression que ça ne fonctionne pas.. Il n’y pas de propositions sur le sujet, il faut en trouver une”.