Trente Rohingya ont été tués, samedi, par l'armée birmane qui veut se venger de l'attaque de trois postes de police le 9 octobre dernier.

Suite à des attaques de postes de police, l’armée birmane a déjà exécuté plusieurs dizaines de Rohingya. Les ONG s’inquiètent de ces crimes et de la situation dans cette région déjà durement touchée par les violences.

C’est la communauté la plus persécutée au monde, selon les différents rapports publiés par l’Organisation des Nations Unies. En Birmanie, les Rohingya sont toujours victimes de graves crimes de la part de bouddhistes extrémistes. Mais désormais, l’armée régulière birmane fait partie intégrante de ce génocide. Au départ, les militaires locaux ont simplement fait leur travail. Suite à l’attaque de trois postes de police à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh par des membres présumés d’Aqa Mul Mujahidin, une organisation islamiste, l’armée s’est rendue en région rohingya pour retrouver les assaillants. Mais les militaires ne font pas dans la dentelle. Au Myanmar Times, le colonel Zaw Min Tun indique que sa mission est de « protéger la vie » des membres de la police. Il n’y a, selon lui, « pas d’autre choix que de tuer » les coupables de l’attaque.

Des centaines de familles déplacées

Depuis une dizaine de jours, les exécutions s’enchaînent. Samedi, une trentaine d’assaillants présumés ont donc été tués. De quoi étonner les ONG, qui craignent que l’armée ne commette elle aussi des crimes contre l’humanité. « En prenant pour prétexte la recherche des assaillants, la Tatmadaw (les forces armées birmanes, ndlr) a tué des Rohingya, brûlant leurs maisons et villages », affirment-elles. Pire, deux fosses communes auraient été découvertes, contenant une centaine de civils Rohingya — dont des femmes et des enfants. La presse accuse le gouvernement d’Aung San Suu Kyi d’avoir trop rapidement conclu que à la culpabilité de l’organisation islamiste rohingya. Trop tard, près d’un millier de personnes ont dû fuir leurs villages. Des camps de réfugiés accueillent femmes et enfants. La situation, déjà grave pour les Rohingya, est en train d’empirer semaine après semaine. Et les assauts répétés de l’armée birmane ne vont pas arranger la crise que traverse la communauté musulmane de Birmanie.

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