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En Arabie Saoudite, souhaiter la fin de la crise avec le Qatar peut mener en prison

Une vingtaine de voix dissidentes au régime en place ont été arrêtées ces derniers jours en Arabie Saoudite, montrant le fossé grandissant entre le pouvoir en place et le peuple.

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La liberté d’expression ne semble toujours pas être la tasse de thé de l’Arabie Saoudite. Le cheikh Salman al-Awdah, connu pour ses positions en faveur des libertés publiques et individuelles, a en effet été arrêté comme une vingtaine d’autres prédicateurs, dont Awad al-Qarni et Ali al-Omary. Mais Salman al-Awdah est sans conteste un symbole : cet homme est « considéré comme un des piliers de l’opinion publique », indique le journal saoudien — mais édité au Royaume-Uni — Al-Quds Al-Arabi. Le prédicateur est un des chefs de fil du courant de la Sahwa, le « mouvement de réveil islamique » qui bénéficie d’une large base populaire et qui a été l’un des opposants au régime en place dans les années 1990. Déjà emprisonné de 1994 à 1999, le théologien est suivi par plus de 13 millions de personnes sur Twitter. Il venait de poster un message qui disait appeler au rétablissement des relations diplomatiques entre l’Arabie et Saoudite après un appel téléphonique entre le prince héritier saoudien et l’émir du Qatar.

Des arrestations alors que Mohammed bin Salman est pressenti pour monter sur le trône

La répression a donc repris de plus belle dans le royaume wahhabite — Mais s’était-elle vraiment arrêté ? Les militants des droits de l’Homme qualifient la vingtaine de personnes arrêtées de « prisonniers d’opinion. » Selon les réseaux sociaux, parmi ces derniers, les arrestations d’au moins huit personnes importantes, dont des prédicateurs, des universitaires, des anciens patrons de télévision et un poète auraient été confirmées. Riyad n’a pas confirmé le nombre de personnes arrêtées, mais les services de sécurités saoudiens ont déclaré à Reuters que les suspects étaient accusés d’« activités d’espionnage et d’échanges avec des entités extérieures, dont les Frères musulmans », que Riyad qualifie d’« organisation terroriste. » Ces arrestations interviennent à un moment où des rumeurs persistantes indiquent que le roi pourrait bientôt laisser sa place sur le trône au prince héritier Mohammed bin Salman, déjà très influent dans et hors du royaume. Or, même si ces bruits de couloir ont été démentis, les voix dissidentes qui pourraient déstabiliser le régime sont actuellement étouffées. Un nouvel épisode qui illustre la relation très conflictuelle qu’entretient l’Arabie Saoudite avec ses propres personnalités religieuses.

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