Le Qatar est désormais bien seul. Et est aujourd’hui la cible de tous les maux. Trois pays du Golfe — Arabie Saoudite, Emirats arabes unis et Bahreïn — mais aussi l’Egypte ont annoncé, ce matin, la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Le Yemen également. La raison ? Le petit royaume du Golfe serait un « soutien au terrorisme. » Et pour cette accusation de terrorisme, les ex-alliés du Qatar n’y vont pas avec le dos de la cuillère : selon eux, le Qatar soutiendrait al-Qaïda, Daesh et les Frères musulmans. A les écouter, le Qatar serait donc devenu l’ennemi numéro 1. Riyad veut donc désormais « protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l’extrémisme » et a donc « pris cette mesure décisive en raison des sérieux abus des autorités de Doha tout au long des dernières années (…) pour inciter à la désobéissance et nuire à sa souveraineté. » Le Qatar a même été exclu de la coalition militaire qui combat au Yemen.

En réalité, derrière cette décision collective se cache une accusation d’alliance avec l’Iran. L’Arabe Saoudite assure que le Qatar soutient « les activités de groupes terroristes soutenus par l’Iran dans la province de Qatif », à l’est de son royaume, où la contestation des chiites monte de plus en plus, mais aussi à Bahreïn, où les chiites sont majoritaires. Et bien que Doha soit dans la coalition internationale au Yemen, il est accusé de soutenir les Houthis, soutenus par l’Iran. La décision de l’Arabie Saoudite, des Emirats, de Bahreïn et de l’Egypte intervient une semaine après la révélation de propos supposés de l’émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani par le site de l’agence de presse officielle du Qatar. Celui-ci estimait qu’il fallait mettre fin à la guerre froide entre les pays du Golfe et l’Iran et que Téhéran devait devenir un allié stratégique. Le Qatar avait alors assuré que son agence officielle de presse avait été piratée.