En septembre 2017, une vingtaine de voix dissidentes au régime en place avaient été arrêtées en Arabie Saoudite. Parmi eux, principalement des prédicateurs comme Awad al-Qarni, Ali al-Omary ou encore le cheikh Salman al-Awdah. Ce dernier est un symbole : considéré selon le journal saoudien édité au Royaume-Uni Al-Quds Al-Arabi comme « un des piliers de l’opinion publique », Salman al-Awdah était suivi par 13 millions de personnes sur Twitter. Un an plus tard, le leader religieux risque la peine de mort. C’est en tout cas ce qu’a requis un procureur saoudien lors de l’ouverture, ce mardi, du procès du théologien à Riyad. Un tribunal spécialisé dans les affaires de… terrorisme.

Il s’agit, selon dam Coogle, chercheur sur le Moyen-Orient à Human Rights Watch (HRW), d’une « escalade majeure dans la répression », notamment contre les religieux qui ne soutiendraient pas le régime. Le prince héritier souffle toujours autant le chaud en Occident que le froid dans son propre pays. Car les conditions de détention de Salman al-Awdah sont, en plus, terribles : après presque cinq mois à l’isolement dans sa cellule, selon Amnesty International, le religieux a été hospitalisé. Arrêté pour avoir proposé une réconciliation entre l’Arabie saoudite et le Qatar, le théologien fait désormais face à 37 chefs d’accusation. Déjà emprisonné de 1994 à 1999, Salman al-Awdah est aujourd’hui un prisonnier d’opinion. Sous couvert d’« activités d’espionnage et d’échanges avec des entités extérieures, dont les Frères musulmans », les leaders religieux sont mis derrière les barreaux et risquent, comme Salman al-Awdah, la peine de mort.