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Comment l’Arabie Saoudite veut définitivement tuer la liberté de la presse

L’Arabie Saoudite exige la fermeture d’Al Jazeera partout dans le monde. L’ONU et les journalistes internationaux dénoncent cette demande farfelue.

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Al Jazeera va-t-elle disparaître ? Accusée de soutenir les idéologies violentes, la chaîne du Qatar est aujourd’hui menacée d’arrêt par l’Arabie Saoudite et ses alliés, qui exigent sa fermeture entre autres demandes. Si les Saoudiens ont le soutien des Etats-Unis dans leur démarche et si la France et d’autres pays restent muets quant à la crise diplomatique du Golfe, certains pays n’hésitent pas à dénoncer cette exigence dictatoriale de la part du royaume wahhabite. Les journalistes suisses ont, par exemple, invité le directeur administratif de la chaîne, Gilles Trendle, à s’exprimer au Club suisse de la presse. Le dirigeant d’Al Jazeera dénonce l’attitude de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, de Bahreïn et de l’Egypte. « Ce n’est pas la première fois que nous recevons ce genre de menaces de la part des Etats voisins. Nos journalistes continuent de travailler normalement. Et nous resterons sur nos positions ! », a déclaré le directeur administratif, cité par 24 heures.

« Notre métier est de couvrir la réalité des choses, aussi déplaisante soit-elle »

Sans se départir de son calme, Gilles Trendle n’a pas voulu polémiquer sur les fermetures de bureaux d’Al Jazeera en Jordanie ou en Arabie saoudite. Ce que dénonce le dirigeant, c’est l’ampleur de l’exigence : « Ce qui est inédit, c’est l’échelle de ce blocus. Et l’ampleur de ce qui est requis du Qatar : la fermeture de la chaîne au niveau mondial. » Le tort d’Al Jazeera ? Avoir donné la parole à tout le monde, des Frères musulmans au Hamas en passant par le Hezbollah. Un travail journalistique qui ne plaît pas aux Egyptiens et aux Saoudiens notamment, peu à l’aise avec la liberté de la presse. « Nous sommes constamment accusés de soutenir plusieurs organisations islamistes », indique Gilles Trendle. « Notre métier est de couvrir la réalité des choses, aussi déplaisante soit-elle. Et l’Islam radical fait partie du visage politique », se défend le directeur.

« Défendre Al Jazeera, c’est défendre la liberté de la presse »

Et le dirigeant d’Al Jazeera a une explication intéressante quant au timing de cette demande des Saoudiens à l’égard de sa chaîne : « Depuis que Donald Trump s’est rendu à Riyad, les relations diplomatiques ont empiré. Rien d’étonnant, vu les positions du président à l’égard des médias dans son propre pays. » Avec ses plus de 25 millions de téléspectateurs quotidiens, la chaîne du Qatar tente aujourd’hui de mobiliser autour de sa cause. « Fermer Al Jazeera, c’est supprimer la voix des opprimés et tuer la liberté de la presse », assure Gilles Trendle. Al Jazeera a déjà dû supprimer 500 emplois en mars dernier. Sa fermeture signifierait aussi la mise au chômage de nombreux journalistes à travers le monde. Fin juin, l’Organisation des Nations Unies a jugé « inacceptable » la demande de l’Arabie Saoudite de fermer Al Jazeera. Depuis, de Télérama aux Echos, les journaux français ont pris position pour Al Jazeera, estimant que défendre Al Jazeera, « c’est défendre la liberté de la presse ».

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