Le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) a été dissout, ce mercredi en Conseil des ministres, par le gouvernement qui accuse l’organisation de faire de la « propagande islamiste ». Une décision attendue, que le CCIF avait anticipée en annonçant son « auto-dissolution » un peu plus tôt. Mais la pilule a du mal à passer et le CCIF pointe du doigt le rôle joué par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Le CCIF a décidé de saisir le Conseil d’Etat pour contester cette dissolution jugée « politique », nous indique Anadolu. Pour l’avocat du collectif, Me Sefen Guezguez, « suite à l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, une pression médiatique et politique s’est exercée » sur le CCIF qui, pourtant, « n’a pas le moindre rapport avec le harcèlement subi par le professeur Samuel Paty ».

Le conseil du CCIF déplore une « instrumentalisation », notamment par des « sympathisants de la droite extrême afin d’en découdre » avec le CCIF, une organisation qui, comme d’autres, « lutte contre la haine et les discriminations qui visent les personnes de confession musulmane en France ».

Au-delà de la dissolution, l’avocat du CCIF déplore le fait que les équipes du Collectif aient été mises « en danger » par Gérald Darmanin, qui les a désignée « comme ennemies de la République ». Le CCIF a donc déposé plainte contre le ministre de l’Intérieur, après que ce dernier a estimé que le Collectif était « manifestement impliquée » dans la décapitation de l’enseignant. Le CCIF refuse d’être « un bouc-émissaire », continue Me Guezguez qui regrette « la volonté de Gérald Darmanin de faire passer un message à toute personne physique ou morale qui contesterait ses pratiques et son action ».

Dans un communiqué, il ajoute que, « à travers le traitement arbitraire du CCIF, ce sont tous les défenseurs des droits humains qui sont visés et si nous ne sommes pas nombreux à le dénoncer, demain, toute organisation ou personne, pourra se voir mise en cause de la même façon avec pour seul tort d’avoir mis en évidence une forme de racisme et de violation des droits en France ».

Le gouvernement, conclut l’avocat, veut « criminaliser la lutte pour les droits et les libertés en France ».