Une nouvelle fois, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin mélange sans sourciller islam et terrorisme. Après avoir visé des ONG musulmanes et des imams en lançant une série de perquisitions qui n’avaient rien à voir avec l’enquête sur la décapitation d’un enseignant, le ministre se lance désormais dans une bataille contre… le halal. Les rayons de nourriture « communautaire » ne devraient pas, explique-t-il, exister dans les supermarchés dans notre pays.

« Ça m’a toujours choqué d’entrer dans un hypermarché et de voir qu’il y a un rayon de telle cuisine communautaire, c’est comme ça que ça commence, le communautarisme », a affirmé le ministre de l’Intérieur. Un simple avis, précise-t-il : « Il s’agit de mon opinion. Heureusement que toutes mes opinions ne font pas partie des lois de la République », a-t-il nuancé.

« Je comprends très bien que la viande halal soit vendue dans des supermarchés, ce que je regrette, c’est les rayons. Pourquoi je dois faire un rayon différent ? J’ai donc le rayon pour les musulmans, le rayon casher, puis tous les autres… Pourquoi des rayons spécifiques ? » a demandé Darmanin qui a semble-t-il oublié de s’attaquer aux rayons bio…

Gérald Darmanin serait-il islamophobe ? Non, assure-t-il. Il serait simplement en train de virer gauchiste, puisque, selon lui, « le capitalisme français, mondial a une responsabilité » dans ce communautarisme. « Quand on vend des vêtements communautaires, peut-être qu’on a une petite responsabilité dans le communautarisme. Lorsqu’on prête de l’argent à un certain nombre d’associations, ou a des entreprises communautaires (…), ce n’est pas parce qu’on a des parts de marché en flattant quelques bas instincts qu’on a rendu service au bien commun », explique le ministre de l’Intérieur.