Les autorités israéliennes ont fait main-basse sur l'eau des colonies. La situation dans ces dernières est critique.

Des piscines israéliennes aux bidons palestiniens, il existe un fossé. Infranchissable. Dans la guerre qu’Israël livre à ses colonies, l’eau représente un enjeu stratégique.

En 2012, l’Assemblée nationale française publiait un rapport dans lequel elle évoquait « un nouvel apartheid de l’eau » en Israël. Le député socialiste Jean Glavany estimait, à l’époque que, « les 450 000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d’eau que 2,3 millions de Palestiniens. » Une situation qui n’a pas vraiment évolué. Ce jeudi, le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a déclaré qu’Israël contrôlait 85 % des ressources en eau palestiniennes. Selon le maire d’Hébron, Khaled Osaily, sa ville disposerait de « 50 litres d’eau par jour et par personne, alors que les Israéliens disposent en moyenne de 400 litres. »

Des accords non respectés par Israël

Des chiffres contestés par Israël. Rami Hamdallah reste, lui, sur ses positions : il estime que la consommation d’eau, en Israël, est sept fois supérieure à celle des Palestiniens, dont « la consommation est inférieure à la moyenne fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé. » Il accuse les Israéliens d’avoir détruit, en 2014, des installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement. La situation humanitaire à Gaza pourrait devenir intenable si le problème n’est pas réglé rapidement. A la pénurie d’eau potable s’ajoutent de graves problèmes de pollution.

Selon l’expert israélien des Amis de la Terre Moyen-Orient, Gidon Bromberg,« Israël ne partage pas l’eau de façon équitable avec les Palestiniens. » Selon lui, « les Israéliens vivent à l’occidentale alors que les conditions climatiques devraient leur faire adopter des comportements plus adaptés à l’aridité du climat. » L’expert rappelle surtout que des dispositions à ce sujet avaient été prises dans le cadre des accords d’Oslo 2 signés en 1995 sur le partage de l’eau. Mais ceux-ci n’ont jamais été réactualisés ni même respectés. Dans un rapport, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies indique que les deux sociétés israéliennes Mekorot et Mehadrin « compromettent gravement l’accès des Palestiniens à l’eau. »

La paix implique l’accès à l’eau pour les Palestiniens

A l’international, la situation critique de l’accès à l’eau en Cisjordanie préoccupe peu. Certes, le fameux rapport de l’Assemblée nationale française avait, à l’époque, fait parler de lui. Mais aujourd’hui, silence radio. Seul Bernie Sanders, candidat à l’investiture pour la Maison-Blanche, estime que la paix « signifiera une distribution durable et équitable des précieuses ressources en eau afin qu’Israël et la Palestine puissent tous deux prospérer comme voisins » et rappelle que, « à l’heure actuelle, Israël contrôle 80 % des réserves en eau de Cisjordanie. » Et Sanders de résumer la problématique de cette guerre de l’eau : « Il n’y a rien dont la vie humaine a plus besoin que de l’eau. »

Yassine Bannani

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