Dans un entretien accordé au Parisien et publié ce matin, le Premier ministre Edouard Philippe a abordé longuement les dispositions gouvernementales prises pour « instaurer dans le droit français un certain nombre de prérogatives qui font actuellement défaut dans notre arsenal législatif ». Cette annonce intervient alors que la mort d’un second Français dans l’attentat de Londres du week-end dernier a été confirmée ce matin. Le chef du gouvernement n’a pas désiré divulguer de détails sur ce projet de loi « avant que le texte ne soit prêt ». Néanmoins, il a fait savoir qu’il comprendrait les éléments nécessaires pour suivre les personnes concernées par les mesures administratives de restriction de leur liberté de mouvement, appliquées dans le cadre de l’état d’urgence décrété suite aux attentats du 13 novembre 2015. Il s’agirait ainsi de permettre la poursuite de la surveillance de ces personnes même en cas de levée de l’état d’urgence. Une disposition qui ne risque pas – encore – d’être d’actualité, du moins à court et moyen termes, puisqu’elle a été reconduite jusqu’au 15 juillet prochain, et que le gouvernement Philippe soumettra à la nouvelle Assemblée nationale – qui sortira des urnes le 18 juin prochain – une prolongation courant jusqu’au 1er novembre 2017.

« Pas de baguette magique »

Au-delà du renforcement de l’arsenal législatif, le Premier ministre a mis l’accent sur les autres moyens de lutte anti-terroriste, soulignant notamment le travail de fond des services secrets français et des forces de l’ordre. Il a également saisi la tribune qui lui a été offerte par le quotidien pour insister sur les moyens de « prévention » et appelé à « la vigilance de la part de tous les Français ». « C’est un long combat », a-t-il averti, « qui a commencé et qui va durer. Tous ceux qui croient qu’il va se solutionner d’un coup de baguette magique se trompent », a-t-il poursuivi, faisant allusion aux positions et mesures radicales exigées par les sympathisants du Front National. Interrogé par ailleurs sur la nécessité de multiplier les interventions militaires à l’étranger, comme en Syrie, Edouard Philippe a rétorqué qu’il y en a « déjà beaucoup », rappelant que des soldats français étaient présents en nombre dans la région du Sahel, sans compter les quelque 7 000 à 10 000 autres mobilisés et déployés sur le territoire national dans le cadre de l’opération Sentinelle, destinée à protéger la population et les centres stratégiques du pays.