La semaine dernière, un colloque sur l’islamophobie à l’université de Lyon 2 avait été annulé suite à des pressions de la Licra, du Comité Laïcité République (CLR) de Céline Pina et du Printemps Républicain. Ces trois organisations identitaires ont harcelé, des jours durant, la direction de l’université lyonnaise, dénonçant une liste des invités qui ne leur plaisait pas. Après l’annulation du colloque, plus de 300 chercheurs et associations ont écrit, dans Libération, une tribune pour dénoncer les « intimidations » de ces associations et de la fachosphère qui ont amené à « la diffusion et la mise en discussion de la recherche. » Le collectif d’universitaires et d’associations s’était élèvé « contre la censure à l’université » et dit vouloir « défendre les libertés académiques. » « Appelons les choses par leur nom : ce n’est rien moins qu’une censure, grave et indigne », écrivit le collectif qui déplore les « attaques semblables avec les mêmes relais, du site Fdesouche au Printemps républicain, en passant par le Comité Laïcité République et la Licra. »

Un événement censuré en France en 2017

Mais après s’être “ félicité” de l’annulation du colloque et après que le président du printemps républicain en ait fait de même, un des fondateurs du groupuscule Laurent Bouvet, a changé de cap et publié un message à ses « collègues » dans laquelle il assurait n’avoir jamais demandé l’annulation du colloque. « La position qu’a prise le Printemps républicain concernant le colloque de Lyon II (…) a été une position critique, d’expression d’un désaccord public », écrit le « professeur de science politique » qui dénonçait, dit-il, « une réunion de nature politique et non académique » au sein de l’université. Mais cette prise de position a abouti, un évènement universitaire a donc été censuré en France en 2017.

Laurent Bouvet insiste en indiquant qu’il est « le premier à être attaché à la liberté d’expression, et spécialement à celle des universitaires et des chercheurs dans l’espace public » et que, « tout comme le Printemps républicain », il est « contre toute censure. » Il faudrait peut être un nouveau billet pour expliquer la contradiction entre ses deux prises de position au sujet du colloque et pourquoi il n’a pas été au bout de sa logique et contredit ses alliés objectifs comme la Licra ou FDesouche.