L’affaire ne devrait pas être loin de remporter la palme du procès le plus ubuesque de l’année. Un tribunal allemand a en effet rendu un jugement pour le moins original : il a condamné l’accusé, un réfugié syrien, pour tentative d’escroquerie sur… l’Etat islamique ! Concrètement, le Syrien s’est rendu coupable de s’être fait passer pour un jeune radicalisé et d’avoir pris contact, via les réseaux sociaux, avec des membres de l’organisation terroriste, auxquels il leur a proposé de commettre un attentat contre espèces sonnantes et trébuchantes. Pour la somme de 180 000 euros, très exactement. Mais cet ancien coiffeur à Damas n’était qu’un arnaqueur. Or, la tentative d’escroquerie, quelque soit sa victime, est un délit passible d’une peine d’emprisonnement outre-Rhin. Même si ladite victime se dissimule sous les traits guère inoffensifs de l’Etat islamique…

Pas de circonstances atténuantes pour les Robin des Bois

Les faits se sont déroulés en décembre 2016, après que ce Syrien, Hassan A., a obtenu le statut officiel de réfugié en Allemagne. Il a alors entrepris de contacter Daesh via Facebook, et exposé à l’un de ses membres sa volonté de perpétrer un attentat en Europe au moyen d’explosifs. L’homme de 39 ans a alors demandé une rétribution de 180 000 euros pour accomplir sa « mission ». Une somme qui n’aura jamais été transférée. Un juge de Sarrebruck – ville frontalière de la France, à l’ouest de l’Allemagne – s’est alors saisi du dossier et condamné l’accusé à deux ans de prison pour tentative d’escroquerie ; la tentative d’attentat, en revanche, n’a pas été retenue dans la condamnation, en dépit de la demande formulée par le procureur fédéral, malgré la démonstration que l’opération n’était qu’un leurre. Comme Hassan A., qui a décidé de faire appel de sa condamnation, tout Robin des Bois en puissance est désormais averti : en Allemagne, voler un criminel ne bénéficie d’aucune circonstance atténuante. Quand bien même la victime se nomme « Etat islamique ».