Depuis le 4 décembre 2019, Rachid Nekkaz dort à la prison d’El-Harrach.

C’est ici que la France puis l’Etat FLN ont toujours enfermé leurs ennemis, qu’ils soient combattants de l’indépendance comme Messali Hadj ou de la dictature comme Hocine Aït Ahmed.

C’est ici que croupit l’idée d’une Algérie enfin libre et démocratique, libérée des proxénètes qui la prostituent depuis plus d’un demi siècle.

Car qu’on ne se trompe pas, Nekkaz est une menace bien réelle. Un danger mortel pour la clique au pouvoir, qui a d’ailleurs coopté en son sein tous les candidats à l’élection présidentielle.

L’Etat FLN a expliqué qu’il n’existait au fond que deux voies possibles pour l’Algérie. Sa dictature ou celle des barbus. Nekkaz en a esquissé une autre, celle d’une Algérie libérale rendue à ses citoyens.

En France, comme en Algérie, l’image de Nekkaz a parfois été brouillée, son action mal comprise. Comme tous les esprits atypiques, Nekkaz manie le paradoxe et pense hors du cadre. En France par exemple, les médias n’ont pas saisi la logique de sa défense des femmes en niqab ou burkini. Comme il a un nom d’arabe, une gueule d’arabe, ses actions ne pouvaient être justifiées que par son islamisme et sa volonté d’imposer à son pays de naissance sa religion rétrograde, misogyne, etc etc etc.

Pourtant, le seul fondement philosophique qui anime Nekkaz, c’est le libéralisme et sa conséquence qu’est la défense des libertés fondamentales de tous. Vu comme un salafiste par certains médias, il est en réalité bien plus libéral que la plupart des intellectuels et hommes politiques français.

C’est ce que j’aime le plus chez lui. La fidélité à ses valeurs quel qu’en soit le coût. Au risque d’être incompris, injurié et aujourd’hui emprisonné.

Je ne sais pas s’il est l’homme dont l’Algérie a besoin, mais je sais que son combat est juste et sa parole vraie.

Son emprisonnement est la réponse de l’injustice à la justice et du mensonge à la vérité