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Pourquoi l’Algérie a politiquement besoin de remporter la CAN 2019

Le Sénégal de Mané ou l’Algérie de Mahrez ? La finale de la CAN 2019 oppose deux pays en quête de gloire depuis des décennies, ce vendredi au Caire. Un match qui déchaîne les passions, notamment en France.

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De Dakar à Alger, en passant par la France, où la diaspora des deux anciennes colonies françaises est très présente, les supporters des deux camps rêvent d’un moment historique : le premier sacre des Lions de la Teranga, abonnés à la « lose », ou la deuxième étoile des Fennecs, après le titre à domicile de 1990.

A quelques heures de la finale, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a invité sur la chaîne France 2 la minorité de « jeunes » qui préfèrent l’Algérie et « ne respectent pas la France » à « retourner en Algérie ». Mais ce match représente avant tout la fraternité qui unit Sénégalais et Algériens.

Deux ex-gamins de banlieue parisienne

Le match sera évidemment suivi avec ferveur au Sénégal et en Algérie, mais aussi au Caire, endormie après l’élimination précoce de l’Egypte dès les 8e de finale: environ 10 000 Algériens sont attendus dans la capitale.

Cette affiche sera marquée par la drôle d’opposition entre les deux entraîneurs ; histoire intime de retrouvailles entre deux gamins de Champigny-sur-Marne en banlieue parisienne, Aliou Cissé et Djamel Belmadi, au sommet du foot africain.

Fort de son statut de mondialiste, de première nation africaine au classement Fifa, et de l’apport de son champion d’Europe Mané (Liverpool), le Sénégal était programmé pour aller en finale.

Au contraire de la surprenante Algérie de Belmadi, engluée dans l’instabilité au poste de sélectionneur ces deux dernières années, et incapable de dépasser le premier tour de l’édition 2017.

« Avec l’équipe et le staff que l’on a, j’avais dit dès le début que nous étions favoris cette année, a confié mardi Sadio Mané à la BBC. Sans prétention aucune -je pense être assez modeste-, il faut à un moment donné ne pas se voiler la face et dire les choses telles qu’elles sont. »

« Maintenant, nous avons la chance d’être (en finale), nous devons la saisir », a-t-il ajouté, alors que les Lions de la Teranga n’ont plus disputé de finale depuis 2002 – le coach Cissé était alors le capitaine de cette équipe.

Face à l’Algérie de Mahrez, meilleure attaque de la compétition avec 12 buts, le Sénégal sera toutefois privé de son meilleur défenseur, Kalidou Koulibaly, suspendu. « Une perte pour notre système défensif », admet Aliou Cissé.

Pont aérien pour l’Algérie

Car si Sadio Mané est à la hauteur de son statut depuis le début du tournoi, avec trois buts, son rival algérien Mahrez est aussi en feu, à l’image de son coup franc d’anthologie inscrit dans les toutes dernières secondes en demi-finale contre le Nigeria (2-1).

Au-delà du talent des ses joueurs offensifs, et de sa défense hermétique, l’Algérie pourra compter sur un autre atout de choix pour tenter de l’emporter: l’appui du public, qui viendra en masse d’Algérie grâce au « pont aérien » mis en place par le gouvernement.

« Le peuple que l’on représente a toujours montré des très belles choses. C’est magnifique ce qu’il se passe », a relevé le joueur algérien Adlène Guedioura, en référence aussi au « hirak », mouvement de contestation politique inédit qui enthousiasme le pays depuis fin février.

« C’est l’un des matches les plus importants de la vie de beaucoup de joueurs, a-t-il encore asséné. « On a envie de terminer en beauté. »

« Gagner pour le peuple »

Sur et en dehors du terrain, a souligné son entraîneur. « On veut être représentatifs et montrer au monde ce que les Algériens sont capables de faire, comme c’est le cas avec les manifestations chaque vendredi. On veut être heureux et célébrer dans l’ordre, tout en ayant le respect des pays dans lesquels on se trouve. C’est très important pour nous. »

En pleine contestation politique, l’Algérie a plus que tout autre pays présent lors de cette Coupe d’une victoire. « C’est magnifique ce qu’il se passe. Mais on se concentre sur la finale de la CAN, on veut la gagner pour ce peuple-là, affirme le joueur algérien Adlène Guedioura. On est conscients de ce qu’il se passe, le peuple que l’on représente a toujours montré de très belles choses. »

Le sélectionneur algérien, lui, « veut être représentatif et montrer au monde ce que les Algériens sont capables de faire, comme c’est le cas avec les manifestations chaque vendredi. On veut être heureux et célébrer dans l’ordre, tout en ayant le respect des pays dans lesquels on se trouve. C’est très important pour nous. »

Et malgré le match, on devrait assister aujourd’hui au 22e vendredi de manifestations hebdomadaires. Avant, peut-être, la célébration de la victoire algérienne ?

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