Plus d’un millier d’étudiants et de citoyens ont défilé sans incident de la place des Martyrs, au pied de la Casbah, jusqu’à la Grande Poste, lieu de rassemblement du « Hirak », le mouvement de contestation inédit qui secoue l’Algérie depuis le 22 février.

Scandant « Algérie libre et démocratique » , « On jure qu’il n’y aura pas d’élections », « Etat civil et non militaire », les manifestants ont égrainé les noms des candidats à l’élection présidentielle suivis d’un « dégage » pour chacun d’entre eux.

L’Algérie doit trouver un remplaçant au président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée. Mais le « Hirak » refuse que l’appareil hérité de M. Bouteflika et plus largement le « système » au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962, organise le moindre scrutin et exige au préalable son remplacement par des institutions de transition.

Les cinq candidats en lice à la présidentielle ont tous participé à la présidence Bouteflika ou l’ont soutenue. « Faire barrage au vote est un devoir national et celui qui vote est un traitre national », ont crié les étudiants, en réponse au chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

La semaine dernière, ce général aux commandes du pays depuis la démission de M. Bouteflika en a de nouveau appelé aux « enfants fidèles » de l’Algérie et à leur « devoir envers la patrie », leur demandant d’aller aux urnes.

« Dix jours de campagne électorale et aucun candidat n’a encore osé organiser un meeting dans la capitale », lance Hamid 22 ans, étudiant en génie mécanique à Boumerdes.

Renchérissant, Samia, une étudiante en droit de 19 ans,ajoute que si ces candidats avaient « la conscience tranquille, ils oseraient affronter le peuple au lieu de tenir des meetings dans des salles fermées ».