Des acteurs du « Hirak » d’au moins 21 wilayas (préfectures) ainsi que de la diaspora prendront part à cette rencontre au cours de laquelle sera soumis aux participants une « Proclamation du 22 février », en référence à la date des premières grandes manifestations contre la candidature à un cinquième mandat du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

« La Proclamation du 22 février est un texte consensuel qui sera présenté lors de cette conférence. Le document s’inspire des revendications du Hirak et de ses slogans », a précisé, lors d’une conférence de presse, Said Salhi, membre du Collectif pour la transition démocratique.

Ainsi le slogan « Yetnahaw Ga3 » (« Qu’ils dégagent tous »), l’une des revendications phares de la contestation, traduit un « fort désir de rupture et d’un nouveau système », a expliqué M. Salhi.

Le « Hirak » a obtenu la démission de M. Bouteflika début avril 2019 mais il continue de réclamer une véritable rupture avec le système politique en place depuis l’indépendance du pays en 1962.

Le successeur de M. Bouteflika, Abdelmadjid Tebboune, a été élu le 12 décembre, sur fond d’abstention record, lors d’un scrutin imposé par le pouvoir malgré l’opposition de la contestation, qui a dénoncé une manoeuvre du « système » au pouvoir pour se régénérer.

« L’objectif de cette conférence est de créer un front regroupant tous les militants du Hirak et les forces présentes dans le mouvement pour reprendre l’initiative politique », a affirmé de son côté Me Hafid Tamert, membre du Collectif des jeunes avocats algériens.

Selon Louisa Aït-Hamadouche, professeure de sciences politiques à l’Université d’Alger, la « conférence unitaire » vise à « rapprocher les activistes du Hirak de toutes les régions du pays ».

« Le document qui sera présenté lors de la rencontre prévue jeudi a été élaboré sur la base des slogans scandés par les manifestants depuis une année. Il s’agit de matérialiser la convergence des militants du Hirak », a-t-elle précisé.