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Interviews et Portraits

Alain Gresh : en Israël, « la politique française se construit sur une illusion »

Alors qu’Edouard Philippe doit se rendre en Israël pour inaugurer la saison France-Israël, Alain Gresh revient sur la politique d’Emmanuel Macron au Proche-Orient.

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Entre juin à novembre, la France et Israël organiseront des rencontres sur plusieurs thématiques, de l’innovation à la culture en passant par le patrimoine. Quelques jours après la mort de près de soixante Palestiniens, le Premier ministre Edouard Philippe doit se rendre dans quelques jours en Israël, avant d’aller en Palestine, pour inaugurer le lancement de la saison France-Israël. Alain Gresh, directeur d’Orient XXI, répond à nos questions.

LeMuslimPost : Après les nombreux morts lors de la « Grande marche du retour » par l’armée israélienne, Edouard Philippe pourrait-il annuler son voyage en Israël ?

Alain Gresh : C’était, au départ, Emmanuel Macron qui devait s’y rendre, mais il a reporté son voyage et c’est Edouard Philippe qui doit faire le voyage. Son déplacement, prévu le 31 mai, doit permettre d’inaugurer la saison France-Israël mais également de rencontrer Mahmoud Abbas. L’entourage du Premier ministre s’interroge sur une éventuelle annulation de ce déplacement. Abbas étant actuellement hospitalisé, ce serait un bon prétexte d’annuler ce voyage qui serait incompréhensible après les massacres de Gaza. La saison France-Israël commence en tout cas à être critiquée : le cinéaste français Jean-Luc Godard et des dizaines de personnalités du monde de la culture ont annoncé leur soutien au mouvement de boycott de cette saison, de même que circule un appel de dizaines, universitaires dans le même sens. Nul doute que ces événements de la saison susciteront protestations et interrogations dans de nombreuses villes françaises.

Emmanuel Macron semble laisser son Premier ministre sur le devant de la scène pour éviter d’avoir à se prononcer sur le conflit israélo-palestinien…

Emmanuel Macron s’est tout de même positionné en condamnant « les violences des forces armées israéliennes » et les « actes odieux » de commis par elles, tout en condamnant les déclarations du Hamas. Une position qui tranche avec la lâcheté du ministère des Affaires étrangères qui a appelé les deux parties à la « retenue ».

Malgré la condamnation du massacre, la France continue cependant à avoir des relations privilégiées avec Israël, on le voit notamment avec l’arrivée de cette saison France-Israël…

La politique française se construit sur une illusion, celle de « l’équilibre » entre deux parties égales, Palestiniens et Israéliens, comme s’il n’y avait pas des occupants et des occupés. Pour la France, il faut poursuivre sur la voie tracée par les accords d’Oslo comme si ceux-ci n’étaient pas déjà morts. Mais cet équilibre français est illusoire car la France renforce  sa coopération économique, militaire et culturelle avec Israël, refusant toute pression sur cet Etat. Plus globalement, Oslo a légitimé la reprise de relations diplomatiques entre Israël et plusieurs pays, notamment africains. Israël s’est servi habilement des accords d’Oslo comme d’un tremplin diplomatique.

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