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Économie

Airbnb : « Pas de halal chez nous ! »

Une enquête de franceinfo montre des discriminations de la part d’utilisateurs de sites de locations entre particuliers. Un racisme que les utilisateurs peinent à prouver.

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L’annonce date de deux ans et son auteur avait été sommé par la direction d’Airbnb de supprimer une phrase : « Pas de halal chez nous ! », indiquait un propriétaire visiblement peu enclin à accueillir des musulmans chez lui. « J’ai dû échanger un grand nombre de fois avec Airbnb pour leur faire comprendre que cette annonce était inadmissible. Le seul résultat obtenu, ce fut une suppression de la phrase raciste, mais pas de l’annonce », regrette un utilisateur interrogé par franceinfo. La chaîne a enquêté sur les sites de locations entre particuliers. Tout est parti du tweet de Merwane Mehadji, journaliste chez AJ+ en français. Le jeune homme avait déploré le refus d’un propriétaire de lui louer son logement sur Airbnb, probablement à cause de son nom à consonance maghrébine.

Fin 2016 pourtant, Airbnb avait pris des mesures pour lutter contre le racisme et les discriminations. Le site prévoyait une « tolérance zéro » et comptait bien devenir le fer de lance d’une économie participative inclusive. Comment ? En mettant en place une charte de non-discrimination. Deux ans plus tard, dans les faits, rien n’a changé : les refus pour les personnes aux origines étrangères sont toujours légion et, comme le précise franceinfo, ceux-ci sont difficiles, voire impossibles à prouver. « Pour le moment, aucune condamnation pour discrimination n’a été rendue concernant des locations entre particuliers via ces plateformes », précise d’ailleurs le site.

Mais tout pourrait changer ? Certains utilisateurs menacent de faire appel au Défenseur des droits qui est, précise l’avocat Grégoire Hervet à franceinfo, « est l’autorité naturelle pour traiter ces requêtes. Les personnes concernées peuvent le saisir directement sur le site internet, puis le Défenseur des droits peut ouvrir une enquête et rendre une décision avec une transaction pénale. » Pour ce faire, l’autorité indépendante devra réaliser une opération de « testing ». Nul doute que celle-ci prouverait la discrimination dont font preuve certains propriétaires et utilisateurs de sites de locations. Une discrimination qui pourrait coûter à ses auteurs trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

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