Depuis qu'Air France a annoncé la réouverture de sa ligne Paris-Téhéran, le personnel montre son refus de se rendre en Iran, où le voile est imposé et l'homosexualité interdite.

Pas de voile pour les hôtesses d’Air France qui pourront refuser de se rendre à Téhéran. Les stewards gay de la compagnie demandent également de pouvoir bénéficier de cette mesure. Mais pourquoi le problème ne s’est-il pas posé avant avec d’autres villes desservies par Air France ?

Il y a peu, en plein débat sur le voile en France, les hôtesses de l’air de la compagnie Air France demandaient de pouvoir refuser de voyager à Téhéran, alors que la ligne Paris-Téhéran sera ouverte dès dimanche prochain. Leur grief ? Elles refusaient de porter le voile qu’on leur impose à la sortie de l’avion en Iran. Après un bras fer avec la direction, elles ont finalement obtenu gain de cause : elles bénéficieront d’un « dispositif d’exception » qui leur permettra de refuser de se déplacer en Iran, sans répercussion sur leur salaire ou sur leur planning de travail.

Une éthique à plusieurs vitesses

Désormais, c’est aux stewards gays de la compagnie de demander la même mesure. Une pétition vient d’être mise en ligne par ces stewards pour qui, si « la sexualité n’est pas écrite sur les passeports et ne change pas la façon des membres d’équipage de travailler, (…) pour des raisons autant morales qu’humaines, il est inconcevable de forcer quelqu’un à se rendre dans un pays où ses semblables sont condamnés pour qui ils sont. » Il est vrai qu’en Ira, les homosexuels peuvent écoper de peines de prison, du fouet ou de la peine de mort. « Si la décision économique d’ouvrir les vols sur Téhéran peut se comprendre, l’enjeu moral est différent. Les droits de l’homme dans ce pays sont quasi inexistants. Or, le groupe Air France-KLM s’est doté pour l’ensemble des deux compagnies et de leurs filiales d’une Charte sociale et éthique, symbole des valeurs et des droits qui fondent notre identité », expliquent les signataires de la pétition.

Une demande qui serait tout à fait compréhensible si cette prise de conscience était intervenue un peu plus tôt. Car Air France dessert d’autres pays dans lesquels l’homosexualité est punie : en Tunisie par exemple — où la loi prévoit trois ans de prison pour les homosexuels —, mais aussi en Arabie Saoudite ou encore en Russie, où être gay n’est pas de tout repos. Quitte à faire appel à une « Charte sociale et éthique », les stewards et hôtesses d’Air France pourraient également déplorer l’illégalité de la colonisation israélienne et refuser de ses rendre à Tel Aviv. L’éthique pourrait également les freiner dans leurs voyages vers certains pays asiatiques où les droits des enfants son bafoués.

Yassine Bannani

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