Agressée pour une jupe ? A Gennevilliers, un règlement de comptes a ému les réseaux sociaux. Mais celui-ci n'avait rien à voir avec la tenue vestimentaire de la victime.

Une agression perpétrée pour une jupe trop courte ? C’est la version d’un fait divers donnée par les médias. Mais qui semble totalement fausse…

C’est le fait divers qui a agité le week-end : la semaine dernière, une jeune fille de 16 ans était rouée de coups à Gennevilliers « en raison de sa tenue vestimentaire », écrivait Le Parisien vendredi dernier. Du pain béni pour les membres du Printemps républicain qui ont relié directement cet événement… au « Hijab Day. »

Vous ne voyez pas le rapport ? Nous non plus. Mais pendant tout le week-end, il a été question de la liberté de s’habiller en France. « Rien ne justifie une telle violence, a affirmé Patrice Leclerc, le maire de la ville. Si aucune motivation, autre que le désaccord avec la tenue vestimentaire, n’a été proférée, nous tenons à réaffirmer qu’aucun motif ne peut limiter la liberté individuelle et collective des femmes à se vêtir comme elles le souhaitent. » 

Une information qui vient… de la fachosphère

Sauf que l’information n’est pas aussi caricaturale qu’il n’y paraîtrait : l’une des filles à l’origine de l’agression affirme qu’elle « ne voit pas pourquoi (elle) frapperait une fille en jupe. » « Franchement, ça me fait mal au cœur de voir que je frappe une fille pour une jupe, explique-t-elle. Non… On s’est battues, et encore une fois c’est pas pour la jupe, c’est parti d’une petite d’histoire. Même moi je sors en jupe, je sors en short, ça ne me dérange pas, je vais en soirée… » Autrement dit, cet épisode serait un règlement de comptes monté en épingle par une partie de la presse et par les réseaux sociaux.

Mais comme un tel scénario a pu être autant partagé sans que les faits ne soient vérifiés ? A l’origine de l’information, on trouverait Pierre Sautarel, qui aurait alerté les médias à propos de cette histoire. Pierre Sautarel est le co-animateur du site Fdesouche.com, un portail régulièrement condamné par la justice et dont les thèmes de prédilection sont l’immigration ou le racisme anti-blancs. Ce week-end, il a tenu à écrire que, sans lui, cette affaire « ne serait pas sortie » dans les journaux.

Yassine Bannani

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