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Société

Affaire Tariq Ramadan : Me Szpiner s’en prend au MuslimPost

A la fin de l’audition de Henda Ayari, le 24 mai 2018, l’avocat Me Francis Szpiner a pris à partie LeMuslimPost pour son travail, il compte en référer au procureur de la République.

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Il est l’avocat de deux des plaignantes de l’affaire Tariq Ramadan. Henda Ayari et Mounia Rabbouj ont en effet révoqué leurs deux premiers avocats, Jonas Haddad et Grégoire Leclerc, pour être défendues par un ténor du barreau, Me Francis Szpiner. De quoi laisser place à un combat de ténors entre Emmanuel Marsigny et Francis Szpiner.

Le spécialiste de l’entrave de procédures judiciaires

Lors de l’audition de Henda Ayari le 24 mai dernier, l’avocat a tenu à conclure l’audition en affirmant que sa cliente avait été « particulièrement choquée de voir sa déposition sur le site du MuslimPost deux jours après son audition et qu’il envisage de le produire au dossier pour transmission au procureur de la République. » L’avocat piétine là la liberté de la presse — il ose pourtant prétendre que « liberté » est l’un de ses mots préférés — et le secret des sources.

On est loin de l’époque où l’avocat plaidait pour le droit à la liberté d’expression devant la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir traité l’avocat général Philippe Bilger de « traître génétique » lors du premier procès du gang des barbares en 2013. Francis Szpiner avait alors reçu un avertissement de la cour d’appel de Lyon. « Un mot s’échappe et prend alors une importance considérable », expliquait-il en 2015.

Des échecs politiques à répétition

Cette nouvelle saillie du 24 mai étonne de la part d’un homme qui avait profité de son réseau médiatique pour faire savoir au grand public que Dominique Strauss-Kahn avait en sa possession la « cassette Méry », du nom de Jean-Claude Méry, financier occulte du RPR. A un journaliste du Point, il avouait même : « Un avocat qui, comme moi, a vingt-six ans de métier et pas de relations dans la presse ni dans la politique, c’est de la faute professionnelle. » Plus tôt, dans les années 90, comme l’indique Libé, Szpiner faisait partie d’une équipe en charge d’« entraver la procédure des juges » pour protéger Chirac.

La politique, Francis Szpiner a d’ailleurs tenté d’en faire, en se présentant aux législatives de 2002 face à Arnaud Montebourg, puis en Seine-Saint-Denis en 2012. Toujours sans succès pour celui qui s’est associé à François Baroin en espérant obtenir un ministère — la Justice ou la Défense — en cas d’élection de François Fillon. Encore raté. Même en 2006, lorsqu’il se place pour devenir Bâtonnier de Paris, il perd l’élection.

Une déontologie à géométrie variable

Il faut également se rappeler qu’au début des années 2000, Francis Szpiner était l’une des têtes pensantes du « cabinet noir » de l’Elysée. Arnaud Montebourg avait dit de Francis Szpiner qu’il « n’a eu la Légion d’honneur que pour les services judiciaires rendus pour étouffer les affaires de Chirac », dont il fut l’avocat. Szpiner avait notamment été très actif dans la fuite de Didier Schuller, figure du RPR des Hauts-de-Seine, comme l’avait avoué le principal intéressé. Aujourd’hui, l’avocat de Henda Ayari et Mounia Rabbouj se verrait bien étouffer le travail d’enquête du MuslimPost. Décidément, Me Szpiner semble largement préférer ses soutiens du JDD.

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