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Société

Affaire Tariq Ramadan : une instruction à charge ?

Collusions entre plaignantes et témoins, résultats d’expertises non rendus… A la veille de l’audition de la deuxième plaignante, plusieurs éléments montrent des failles dans l’instruction de l’affaire Tariq Ramadan.

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Ce mardi 18 septembre, une confrontation entre Tariq Ramadan et Paule-Emma A. doit avoir lieu après un premier report. Cet été, la deuxième plaignante avait annulé et reporté la confrontation pour « raisons médicales ». A la veille de cette audition, plusieurs questions se posent et Paule-Emma A. devra assurément répondre aux nombreuses interrogation des juges. Alors que, mi-mai, dans cette affaire, la 2e DPJ avait été dessaisie au profit de la brigade criminelle après une enquête bâclée, LeMuslimPost révèle d’autres éléments qui prouvent les failles de l’instruction.

Paule-Emma A. a-t-elle assisté à la conférence de Tariq Ramadan ?

C’est l’une des questions les plus importantes auxquelles devait répondre l’enquête. Dans une conversation Skype inscrite au dossier, Paule-Emma A. parle de Tariq Ramadan sur Skype avec une certaine Denise W. « On va s’occuper aussi de faire tomber sa carrière politique a notre façon », écrit la plaignante. Quelques jours après le 9 octobre 2009, cette dernière écrit qu’une autre femme devait venir après elle rencontrer Tariq Ramadan dans son hôtel. Une femme qui avait offert à l’islamologue un bouquet de fleurs… lors de la conférence. Or, Paule-Emma A. a toujours affirmé avoir été séquestrée dans la chambre de Tariq Ramadan pendant cette conférence du 9 octobre 2009. Tariq Ramadan a de son côté toujours assuré avec rencontré Paule-Emma A. le lendemain au bar de son hôtel.

Paule-Emma A. avait été entendue par les UMJ (unités médico-judiciaires) en novembre 2017 — soit après le dépôt de sa plainte. Le médecin, à l’époque, écrivait d’ailleurs que la plaignante lui avait indiqué avoir assisté à la conférence. La question de la présence de Paule-Emma A. à la conférence se pose d’autant plus qu’une photo de l’assistance, sur laquelle on aperçoit une femme qui ressemble à la plaignante, a été versée au dossier. Les juges ont ordonné, le 18 avril dernier, une expertise de reconnaissance faciale. Fin juillet, la défense apprend que l’INPS, le laboratoire interrégional de la police de Marseille, se déclare incompétent pour cette mission. Mais aujourd’hui, on sait de source sûre que le laboratoire avait prévenu la juge qu’il ne pourrait pas effectuer d’analyse dès le 18 avril. Or, les magistrats n’ont pas cherché à trouver un expert capable de faire la reconnaissance faciale.

Par ailleurs, les expertises psychiatriques et psychologiques de Paule-Emma A., ne sont pas connues. Une expertise médicale qui vise à déterminer quel était réellement son état de santé en octobre 2009, au moment des faits présumés, est toujours en cours depuis… fin avril. Pourquoi ces résultats sont-ils si primordiaux ? Parce que Tariq Ramadan a été mis en examen pour « viol sur personne vulnérable », malgré le manque de résultats probants montrant le handicap de Paule-Emma A. en 2009, et que la peine qu’il encourt est donc de vingt ans au lieu de dix en cas de condamnation.

Des collusions entre les plaignantes et les témoins sous X ?

Dans le dossier Ramadan, plusieurs femmes ont témoigné sous X. Y a-t-il une relation entre les plaignantes et ces témoins qui n’ont pas porté plainte ? La question est elle aussi importante, notamment concernant un point de l’enquête. « Quand Paule-Emma A. donne un détail anatomique de M. Ramadan pour montrer qu’elle a été violée, on sait qu’elle était en contact avec des femmes qui ont eu des relations sexuelles avec M. Ramadan et cela pose forcément souci », nous indique une personne proche du dossier. Autrement dit, ce détail peut selon notre source avoir été donné par une autre femme.

Une hypothèse qui n’est pas à écarter : plusieurs femmes entendues sous X l’ont été en présence d’un avocat. « La loi ne prévoit pas que les témoins sous X puissent être assistés lors de leur audition », nous précise un juriste. Mais ces auditions sont d’autant plus étonnantes que l’avocat qui était présent avec ces femmes était… Me Eric Morain, l’avocat de Paule-Emma A. Or, les deux femmes sous X ont été identifiées par Tariq Ramadan, qui a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec elles. L’argument du détail anatomique de Tariq Ramadan ne semble donc plus être un élément déterminant.

Par ailleurs, les policiers ont étudié les facturations téléphoniques détaillées de Paule-Emma A., mais également celles de Henda Ayari dans les cinq mois qui ont précédé les dépôts de plaintes et le mois suivant. Les deux plaignantes ont quatre contacts en commun : Nacira Menadi, alias « Vanessa de Beur FM », Caroline Fourest, la société de production d’Emmanuel Chain, Eléphant & Cie, et un numéro aux Etats-Unis. Depuis, ces factures détaillées ne sont plus dans le dossier et semblent avoir disparu…

Il en est de même pour les ordinateurs de Tariq Ramadan, qui ont été saisis début février. Près de huit mois plus tard, les résultats de l’expertise n’ont toujours pas été fournis. Enfin, concernant ses droits de visites, cet été, Tariq Ramadan a demandé à voir un UVF (unité de visite familiale) pour voir plus longuement sa famille. L’administration pénitentiaire a donné son accord mais affirme que la demande a été refusée par les juges, qui refusent par ailleurs toujours de lui donner accès son dossier. De quoi rendre plus difficile l’exercice de la défense.

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