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Société

Affaire Rokhaya Diallo : la France de Charlie cède à la pression raciste

Suite à une campagne de harcèlement contre Rokhaya Diallo, le gouvernement demande au Conseil National du Numérique de choisir d’autres membres.

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« Le Conseil National du Numérique a besoin de sérénité pour travailler, et les derniers échanges sur la composition du Conseil soulignent que ces conditions ne sont pas pleinement réunies. » Suite à un mouvement de protestation à l’encontre de Rokhaya Diallo lancé par Valérie Boyer, Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé du Numérique, a estimé, à demi-mots, qu’il fallait que cette commission consultative indépendante se sépare de la militante antiraciste et féministe.

Une nouvelle victoire pour le Printemps républicain, qui avait pris le relai de Valérie Boyer. En cédant aux pressions du groupuscule identitaire, le gouvernement désavoue déjà Marie Ekeland, nommée à la tête du Conseil National du Numérique en octobre dernier, qui voulait mettre en place une certaine diversité au sein du CNNum « pour écouter des voix que nous n’avions pas l’habitude d’entendre sur les sujets numériques. »

Rokhaya Diallo vs. Alain Finkielkraut : deux poids, deux mesures

Que reprochent Valérie Boyer et le Printemps républicain à Rokhaya Diallo ? Notamment de parler de « racisme d’Etat » et d’avoir signé une pétition critiquant « l’union sacrée » autour de Charlie en 2011. Etonnée des réactions suite à la publication des membres du Conseil, Rokhaya Diallo a répondu : « Donc je n’ai pas le droit de collaborer avec les institutions de mon propre pays parce que j’ose dire publiquement qu’elles sont imparfaites Quelle étrange conception de la démocratie. »

Une démocratie habitée par le deux poids-deux mesures. D’un côté, on exclut la mitante d’une commission consultative parce qu’elle a tenu des propos polémiques. D’un autre côté, Alain Finkielkraut peut dire que « la peur de l’Islam, c’est la moindre des choses » ou que « les non-souchiens brillaient par leur absence » lors de l’enterrement de Johnny Hallyday sans que cela ne choque. Pascal Boniface se demande « pourquoi Finkielkraut, malgré ses déclarations, peut siéger à l’Académie française et que Rokhaya Diallo ne peut le faire au Conseil National du Numérique. »

Le Printemps républicain utilise les mêmes méthodes que la fachosphère

Mounir Mahjoubi a-t-il donc cédé sous la pression d’une partie raciste de la France ? Le plus choquant dans cette affaire, c’est l’appel à la censure et le harcèlement en ligne initié par un Printemps républicain qui organise en janvier un événement baptisé… « Toujours Charlie ! » Un appel à la liberté d’expression de façade puisque les membres de cette organisation font régulièrement pression pour annuler des conférences ou des réunions universitaires dont les intervenants ne seraient pas à leur goût. On se rappelle notamment d’un colloque universitaire sur l’islamophobie annulé début octobre sous la pression de la LICRA, partenaire du Printemps républicain.

En meute et en utilisant les méthodes de la fachosphère, les membres de cette organisation s’en prennent, de façon organisée, à leurs ennemis : l’Observatoire de la laïcité, le Bondy Blog, Libération ou encore Yassine Belattar. Tous ceux-là feraient, selon le Printemps Républicain, le jeu des Indigènes de la République et donc, par ricochet, des Frères musulmans. Le Printemps républicain s’attaque donc à des personnes ou organisations à coup de délation et de harcèlement. Et ce, sous couvert de laïcité et en s’étant accaparé Charlie Hebdo, le symbole de la liberté d’expression. L’affaire du Conseil National du Numérique montre que la méthode fonctionne, mais également qu’il est plus facile de s’en prendre à une Rokhaya Diallo qu’à un Alain Finkielkraut.

 

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