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Affaire Jamal Khashoggi, le suicide diplomatique de l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite serait sur le point d’avouer que Jamal Khashoggi a été tué au sein du consulat saoudien à Istanbul. Va-t-on enfin vers la fin d’une diplomatie de complaisance vis-à-vis du royaume ?

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La diplomatie est décidément comme une partie d’échecs. Le feuilleton Jamal Khashoggi pourrait d’ailleurs sonner la fin de la récréation pour l’Arabie saoudite et pour tous les observateurs qui assuraient que le prince héritier donnerait un nouveau souffle à son pays. Disparu dans l’enceinte de son propre consulat à Istanbul, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi n’est jamais réapparu depuis deux semaines.

Si Ryiad a toujours nié avoir tué ce journaliste, qui était critique vis-à-vis de son régime à défaut d’en être un farouche, une enquête des autorités turques indiquait qu’une véritable opération de nettoyage avait pu avoir lieu dans le consulat : selon la presse américaine, une quizaine d’hommes sont venus du royaume pour démembrer le journaliste et effacer toute trace de sa présence dans le consulat saoudien.

Pas étonnant donc que la famille royale saoudienne ait accepté, ce lundi, une perquisition turque au sein du consulat d’Istanbul. Sous la pression internationale, le roi Salmane d’Arabie saoudite s’était exprimé sur le sujet. Selon Trump, il « ignorait » ce qui était arrivait au journaliste et avait fini par accepter que la police turque fasse son travail.

Mais la nuit dernière, nouveau rebondissement. D’après la chaîne américaine CNN, l’Arabie saoudite pourrait finalement plaider coupable. Mais pas question pour autant d’avouer la préméditation. Le royaume devrait normalement annoncer dans les prochaines heures que Jamal Khashoggi est mort lors d’un interrogatoire qui « aurait mal tourné. » Pour éviter toute accusation, le régime devrait livrer en pâture plusieurs de ses responsables qui auraient agi « sans autorisation ni transparence. » Une façon de clore l’affaire sans perdre la face pour Riyad.

Et pourtant, cette affaire Jamal Khashoggi pourrait avoir des conséquences. Bruno Le Maire, qui devait rejoindre Riyad pour une rencontre avec son homologue saoudien, hésite à s’y rendre. Le prince héritier, que la France présentait comme jeune et réformiste, est en réalité une pâle copie, plus présentable, du roi Salman. La France a bien été obligée de sortir un communiqué pour demander des comptes à l’Arabie saoudite.

Mais le communiqué du Quai d’Orsay a été très timoré. Il faut dire que la France a livré plus d’un milliard d’euros d’armes à Riyad en 2017 et donc participé indirectement à la guerre qui secoue le Yémen. Si le gouvernement français assure lutter contre le wahhabisme, il est peut-être temps de profiter de cette affaire Khashoggi pour mettre fin à la diplomatie de complaisance qui lie Paris à Riyad ou en tout cas d’aborder les sujets qui fâchent avec les autorités saoudiennes. Emmanuel Macron doit se rendre dans le royaume à la fin de l’année. Acceptera-t-il ce voyage malgré le Yémen et le meurtre d’un journaliste ? Ou le prix des armes suffira-t-il à faire oublier ce fâcheux épisode ?

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