Sebti Bouadjadja, père de famille mulhousien, s’est vu refuser la location de son appartement, loué sur Airbnb. La propriétaire du logement fait volte-face et annule. À l’origine de cette annulation : le racisme et la xénophobie.

L’Hexagone est réputé pour être la terre des droits de l’homme, de la coexistence et de la diversité. Mais derrière cette image de marque, façonnée et modelée, pour plaire sur la scène internationale, la France connaît de plus en plus de dérives. Entre xénophobie, racisme et islamophobie, le pays est gangréné par la prolifération de toutes sortes de discriminations.

L’affaire Bouadjadja, n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Révélée sur les réseaux sociaux, elle a été médiatisée et diffusée. Ce que Sebti Bouadjadja et sa famille ont vécu est le lot de centaines voire de milliers de français, à un moment de leur vie. Le racisme et toutes les formes de discriminations se de plus en plus affichés, et assumés, dans une société qui petit à petit, devient hostile aux autres.

Aux origines de l’affaire

Cette histoire remonte au 25 décembre 2021, lorsque Sebti Bouadjadja, sa mère et son fils, décident de se rendre à Annecy en Haute-Savoie, pour rendre visite à leurs proches. Avec une mère atteinte de la maladie de Parkinson, et victime de plusieurs AVC, Sebti décide de louer un appartement auprès de la plateforme Airbnb. L’objectif est de trouver une location dotée d’un ascenseur pour la mère malade.

Après validation de la réservation par la propriétaire et paiement du montant de la location, la famille quitte Mulhouse en direction d’Annecy. Arrivés sur le site de la location, et rejoints par la propriétaire pour la réalisation de l’état des lieux, tout bascule. La propriétaire du logement, se montre raciste et xénophobe. « Il ne manquait plus que je doive louer à des talibans » marmonne-t-elle.

Faisant preuve de savoir-être, Sebti ne relève pas les insultes racistes de la dame, demandant à installer sa mère, en premier lieu. La propriétaire lance alors « Je ne vous sens pas, je ne loue pas ». Face à cette volte-face soudaine, Sebti tente d’expliquer à la dame qu’il n’est pas correct d’annuler de la sorte, surtout à 21H30. La dame ignore ce qu’il dit, et poursuit dans sa machination raciste.

Un racisme décomplexé ?

Sur les réseaux sociaux, Sebti Bouadjadja a partagé les événements, dénonçant la xénophobie, le racisme et la discrimination, dont il a été victime avec sa famille. « Elle a fait un délit de faciès. C’était humiliant » a-t-il déclaré. La plateforme de location Airbnb, contacté par le père de famille, a donné suite à sa réclamation, en bannissant la propriétaire et en remboursant la réservation.

L’entrepreneur mulhousien décide de porter plainte auprès du procureur de la République d’Annecy contre la propriétaire « pour des faits de discrimination raciale et d’injures non-publiques, à raison de l’origine ou de la religion ». Sur son compte Facebook, le soir du 31 décembre 2021, il remercie tous ceux qui ont participé à cet élan de solidarité. « C’est grâce à cet énorme élan de solidarité que nous avons réussi à faire bouger les choses et cela sans méchanceté » rappelant que « l’institution française reste intransigeante avec le racisme ».

Le racisme est devenu une pratique courante en France, bien que puni par la loi. A l’approche de l’élection présidentielle, les discours haineux se multiplient à l’écran. Au quotidien, ils se traduisent par des remarques désobligeantes, des insultes, voire des actes. De plus en plus de discriminations raciales répétées, qui semblent anodines, ont donné lieu à un racisme ordinaire, à la fois invisible et insupportable.