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L’affaire Benalla, une farce collective que tout le monde accepte de jouer

Karim Achoui décrypte l’affaire Benalla. Pour notre chroniqueur, il s’agit là d’un « simple petit vaudeville très simple et très accessible, remarquablement adapté à l’esprit du temps. »

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L’anecdote est érigée en vérité et l’essentiel, l’important, est renvoyé à l’inaudible, presque à l’indicible. C’est ce que Guy Debord appelait le spectacle. Alexandre Benalla est un spectacle, une farce. Même pas un complot, juste une farce collective que tout le monde accepte de jouer. C’est donc cela un scandale d’Etat ? Risible. Un simple petit vaudeville très simple et très accessible, remarquablement adapté à l’esprit du temps, au niveau du débat public et à la qualité de la presse. Narrativité épiphénoménale de l’Histoire éternelle du pouvoir, de l’Etat, de la police, du monopole de la violence, de l’intrigue. Benalla, tellement coupable, mais au fond tellement innocent en bouc-émissaire de la violence d’Etat. Tout cela est vu, revu et doit être pensé comme une sorte de rite.

Cependant, ce rite — et c’est certainement ce qui fait l’incroyable « succès » de l’affaire Benalla — est en réalité le télescopage, la fusion de deux rites, la rencontre magistrale de deux boucs-émissaires parfaits. Il est la rencontre de Job et Mouloud. Job, c’est Benalla, l’ambitieux, brillant qui chute. Mouloud, c’est Benalla — « Lahcene Benahlia » comme l’appelle la fachosphère —, le Marocain, le bougnoule, le musulman, l’agent étranger, le terroriste infiltré, l’anti-France, le juif. Ce que j’en retiens, et cela m’afflige, c’est que si l’affaire Benalla a été construite en « scandale d’Etat », c’est parce que Benalla est un musulman d’apparence, selon l’expression édifiante et parfaite de Nicolas Sarkozy, ancien Président de la République française.

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