Après avoir promis de « protéger la France des flux migratoires irréguliers importants », Emmanuel Macron a annoncé l’accueil de réfugiés afghans, sans en préciser le nombre.

Après l’allocution du président de la République, alors que les talibans venaient de reprendre le pouvoir en Afghanistan, et en particulier à Kaboul, l’opinion publique a été choquée. Emmanuel Macron a, certes, affirmé que « la France ferait son devoir pour protéger les plus menacés ». Mais c’est sa volonté de vouloir « protéger des flux migratoires irréguliers importants qui nourrissent les trafics de toute nature » qui a fait polémique. Très rapidement, le président français a été comparé à Marine Le Pen.

Face à la polémique, le président français a tenu à préciser, sur Twitter, qu’il avait promis « une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie qui passera par la lutte contre les flux irréguliers, la solidarité dans l’effort, l’harmonisation des critères de protection, et la mise en place de coopérations avec les pays de transit et d’accueil comme le Pakistan, la Turquie ou l’Iran ». Mais personne n’a oublié le sort réservé aux traducteurs afghans ayant travaillé pour la France, dont certains n’ont pas pu s’installer en France faute de visa.

Le Royaume-Uni prêt à accueillir 5 000 réfugiés afghans supplémentaires

Dès ce mercredi, le chef de l’Etat a, pour couper court à la polémique, annoncé que « près de 200 Afghans qui ont travaillé pour la France ou qui sont menacés viennent d’être évacués de Kaboul. Ainsi que des Français et des ressortissants étrangers. À nos armées, policiers et équipes diplomatiques qui organisent ces opérations sensibles, merci. On continue ». « La France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés », promet par ailleurs Emmanuel Macron.

Pendant que le président français tergiverse, le voisin britannique a, lui, mis en place un programme d’accueil de réfugiés afghans. Dès mardi, le Royaume-Uni a annoncé vouloir accueillir environ 5 000 personnes fuyant l’Afghanistan, lors de l’année à venir. Les femmes, les enfants et les minorités seront prioritaires. « Nous avons une dette envers tous ceux qui ont travaillé avec nous pour faire de l’Afghanistan un endroit meilleur ces 20 dernières années », précise le Premier ministre Boris Johnson, qui avait déjà annoncé l’accueil de 5 000 Afghans ayant collaboré avec son gouvernement.

Deux discours, deux ambiances, donc. Une chose est sûre : si Emmanuel Macron semble avoir montré, ces dernières heures, un peu plus d’humanité, ce sont en réalité les associations qui continueront d’accueillir des réfugiés afghans. Plusieurs maires, à Lyon comme à Paris, se sont dits prêts à aider les personnes fuyant les talibans. Alors qu’une partie de la population jubilait à l’idée de fermer les frontières aux réfugiés, le dirigeant de l’association Golshane, Massoud Raonaq, indique qu’« il faut relativiser ce terme de flux migratoire. Le nombre de réfugiés comparé à celui de la population française est minime, donc il n’y a aucune peur à avoir ».