Lors d’un discours à Téhéran, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a critiqué l’ « illusion selon laquelle seuls les yeux bleus (pouvaient) profiter du droit international ».

« Face aux violations répétées des Etats-Unis et de l’Europe, l’Iran n’a pas le droit d’utiliser l’article 36 (de l’accord de 2015) malgré plusieurs notifications écrites adressées aux responsables européens », a affirmé M. Zarif, sans préciser en quoi ni comment l’Iran se serait vu dénier un tel droit.

« Nous n’acceptons pas un tel racisme, » a-t-il ajouté.

Les trois Etats européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne) parties à l’accord de 2015 ont annoncé le 14 janvier avoir déclenché le MRD prévu par l’article 36 de ce texte conclu à Vienne.

L’accord menace de voler en éclats depuis que le président américain Donald Trump en a retiré unilatéralement les Etats-Unis en mai 2018, avant de rétablir de lourdes sanctions économiques contre l’Iran.

Berlin, Paris et Londres maintiennent qu’elles restent engagées dans l’accord, mais Téhéran les accuse d’inaction et de violer leurs engagements, en n’aidant pas la République islamique à contourner les sanctions américaines.

En riposte à ces sanctions, l’Iran s’est affranchi depuis mai 2019 de plusieurs engagements clés qu’il avait pris à Vienne.

Les Européens disent avoir enclenché le MRD pour tenter de contraindre Téhéran à revenir à l’application totale de l’accord.

Ce texte offre à Téhéran la levée d’une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie en échange de garanties que son programme nucléaire n’a aucune visée militaire.

Le MRD pourrait à terme mener au rétablissement par le Conseil de sécurité de l’ONU de toutes les sanctions qui avaient été levées dans le cadre de l’accord de Vienne.