Le philosophe Alain Finkielkraut a fait son entrée à l'Académie française. Une Académie qui n'accueille toujours aucun musulman.

Alain Finkielkraut a fait son arrivée dans le cercle des Immortels de l’Académie française… qui n’accueille toujours aucun musulman, au grand regret de Jean d’Ormesson.

Il trouve que Hassen Chalghoumi est un « musulman représentatif, courageux et lucide. » C’est dire le décalage entre la vision de l’Islam d’Alain Finkielkraut et les musulmans de France. Le philosophe réactionnaire est, depuis ce jeudi 29 janvier, un « immortel. » Il vient en effet de faire son entrée à l’Académie française, dont l’objectif est de « veiller sur la langue française et accomplir des actes de mécénat. » Finkielkraut remplace Félicien Marceau, condamné à la Libération pour collaboration pendant la guerre. Le philosophe a rappelé, dans son discours, qu’il était « un défenseur exalté de l’identité nationale. »

Le Coran est « un livre de guerre »

Exalté, voire excessif. Et obsédé. Par le « Grand Remplacement » à la Camus, notamment. « Quand le cybercafé s’appelle « Bled.com » et que la boucherie ou le fast-food ou les deux sont halal, ces sédentaires font l’expérience de l’exil », écrit par exemple le philosophe dans son livre « L’Identité malheureuse », sorti en 2012. Finkielkraut regrette, en résumé, que ces « Français qu’on n’ose plus dire de souche (…) n’ont pas bougé mais tout a changé autour d’eux. » Le vieillard bougon ne se sent plus chez lui, et il le fait savoir.

Dans différentes interviews, Finkielkraut va plus loin : le philosophe compare la révolte des banlieues à un « pogrom antirépublicain. » A propos de la colonisation de la France, il explique que « le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. » Quand il parle de football, il déplore que la sélection nationale ne soit pas « black-blanc-beur » mais « black black black », « ce qui fait ricaner toute l’Europe », dit-il. Concernant la religion musulmane, il décrète qu’il existe un « lien visible entre Islam et violence », avant d’ajouter que le Coran est « un livre de guerre. »

A quand un musulman à l’Académie ?

Aujourd’hui, c’est bien l’auteur de ces petites phrases qui a fait son entrée à l’Académie française. « C’est à n’y pas croire », s’est-il lui-même étonné en entrant dans le cercle fermé des Immortels. C’est certes incroyable, mais bien vrai. Mais il faut de tout pour faire l’Académie française. Jean d’Ormesson, après avoir accueilli le philosophe, s’est cependant étonné que « l’Islam n’est pas représenté à l’Académie. » Pour l’intellectuel, « l’Académie est une vieille dame qui a beaucoup de mal à accueillir de nouveaux jeunes gens. » En attendant, elle accueille un vieux réactionnaire. Mais un « autochtone », au moins, comme Finkielkraut aime à le dire.

Jean d’Ormesson : «Il serait normal que l’islam soit représenté à l’Académie française» (ici)

Yassine Bannani

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