Accusée de discrimination à l'embauche, la société américaine Abercrombie & Fitch vient d'être condamnée par la Cour suprême des Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, une société a été accusée de discrimination à l’embauche en refusant d’engager une musulmane voilée. Un débat qui fait rage, comme c’est déjà le cas en Europe, au Royaume-Uni ou même au Canada.

En 2008, postulant chez Abercrombie & Fitch, une entreprise qui s’était déjà faite remarquer car elle interdit certaines coiffures à ses employés américains, Samantha Elauf se voyait refuser l’accès au poste qu’elle désirait parce qu’elle portait le hijab. Or, selon la charte du code vestimentaire de la société, le voile islamique est interdit. Seuls sont autorisés des vêtements « décontractés » et « bon chic bon genre. » La jeune femme, avec l’appui de l’Agence fédérale pour l’égalité devant l’emploi (EEOC), avait alors porté l’affaire devant les tribunaux. Après avoir obtenu gain de cause – et la somme de 20 000 dollars de dommages et intérêts –, Samantha Elauf avait finalement été déboutée en appel par une cour lui reprochant de n’avoir pas demandé explicitement d’aménagement du règlement intérieur à Abercrombie & Fitch.

La discrimination à l’embauche avérée après 7 ans de procès

Au terme d’un feuilleton judiciaire long de sept ans, la Cour suprême des Etats-Unis a finalement rendu son verdict en faveur de la jeune musulmane. Cette cour a accusé Abercrombie & Fitch d’avoir « soupçonné » la jeune femme de porter un foulard pour des raisons religieuses. L’entreprise, elle, affirmait qu’elle ne voulait pas poser clairement la question à la postulante pour éviter d’être taxée de discrimination. Pour le jury, Abercrombie & Fitch a « intentionnellement refusé d’embaucher Samantha Elauf à cause de son hijab, après avoir conclu correctement qu’Elauf portait le hijab pour des raisons religieuses. » La société a été condamnée à huit voix contre une.

La Cour suprême des Etats-Unis donne tort à Abercrombie pour avoir refusé d’embaucher une musulmane portant le voile (ici)

Yassine Bannani

Laisser un commentaire