Après le boycott diplomatique du Royaume-Uni, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande, du Canada, de l’Australie et de la Lituanie, les projecteurs sont braqués sur l’Hexagone. Dans une lettre adressée au chef de l’État Emmanuel Macron, des parlementaires lancent un appel au boycott politico-diplomatique des Jeux olympiques d’hiver, prévus à Pékin en février prochain.

Les relations extrêmement tendues avec la Chine, qui perpétue de graves violations des droits humains dans la région du Xinjiang, ont poussé les démocraties occidentales à lancer un mouvement de boycott diplomatique, des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. Bien que les motivations soient purement politiques, une vague de solidarité, dénonçant les exactions du régime chinois contre la population ouïghoure a émergé. Considéré comme le pays des droits de l’Homme, la France est la grande absente de ce mouvement international.

Quatre parlementaires français ont décidé d’adresser un courrier au président de la République, l’appelant à se positionner publiquement contre ces Jeux de la honte. Envoyée mercredi 08 décembre, cette lettre a également été transmise au Premier ministre Jean Castex, à la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu, à la secrétaire d’État à la Jeunesse Sarah El Haïry et au ministre des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian.

« Monsieur le président de la République, (…) il est juste que le sport doit rester au-dessus de la politique, mais cela n’autorise pas pour autant à fermer les yeux sur les violations des droits de l’Homme à échelle industrielle. Nous vous invitons à faire savoir publiquement que vous déclinerez toute invitation à assister aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 ou à ses événements connexes. (…) Ce n’est qu’en étant solidaires des victimes de persécutions et en défendant la cause de la dignité humaine que nous resterons fidèles aux valeurs fondatrices de l’olympisme », ont martelé les parlementaires.

Alors que les pays occidentaux ayant décidé de boycotter les Jeux olympiques risquent de payer « le prix », comme a averti la Chine, la France continue à faire bande à part. Paris avait, dans un premier temps, annoncé une coordination avec les autres États de l’Union européenne, pour décider d’une posture commune, avant de rétropédaler. Au cours de son passage sur RMC/BFMTV, ce jeudi 09 décembre, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer a spécifié que la France ne boycotterait pas les Jeux sur le plan diplomatique. « La France ne le fera pas » a-t-il déclaré, ajoutant que l’Hexagone sera représenté par la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu.

Dans un communiqué, l’Élysée a souligné que « Lorsque nous avons des préoccupations sur les droits de l’Homme, nous le disons aux Chinois (…) nous avons pris des sanctions sur le Xinjiang en mars dernier ». Les projecteurs sont braqués sur la France, à la suite de cette décision, qui suscite beaucoup d’incompréhension. Comment un pays réputé pour la défense des droits universels et libertés fondamentales, peut-il être complice, des crimes commis contre la minorité musulmane ouïghoure ? Comment la France peut-elle passer outre les alertes des organisations non gouvernementales internationales et des parlementaires, en cautionnant l’organisation de ces JO de la honte ?

Si le souhait de l’Hexagone était de se démarquer sur la situation des Ouïghours dans le Xinjiang, il a réussi. En réalité, l’État français a montré son profond désintérêt pour cette cause, et celles des autres minorités.