L’Aïd, la semaine dernière, devait être un moment de fête pour les musulmans de Montfermeil. Mais l’événement a été gâché par la mairie de la ville. Depuis de nombreuses années, la tension est palpable entre la communauté musulmane et le maire Xavier Lemoine. Dans la ville de 26 000 habitants, l’épisode de la mosquée fermée par la mairie a attisé les disputes. Le dernier Aïd el-Kebir n’a pas arrangé les relations…

En raison du coronavirus, la communauté musulmane avait pourtant pris ses précautions. « Nous avons réorganisé le culte pour permettre la reprise des offices religieux, dans le respect des barrières sanitaires préconisées que le contexte sanitaire nous impose », explique l’association qui gère la mosquée Essalam. Mais avec la distanciation sociale d’un mètre, la capacité du lieu de culte est passé de 629 à 200 fidèles.

Pour « célébrer dignement » l’Aïd, « en toute sécurité, dans le respect des mesures sanitaires », la mosquée a donc décidé de solliciter la mairie « pour la mise à disposition d’un espace non clos, à
savoir le terrain extérieur du Stade Henri Vidal » pour la prière du 31 juillet. Une pratique courante, plusieurs municipalités ayant mis à disposition des musulmans des stades municipaux.

Mais une semaine avant l’Aïd, la mosquée Essalam a été contactée par les services municipaux qui lui ont signifié leur refus de mise à disposition du stade de Montfermeil. « Si on met à votre disposition le stade, il va nous falloir le désinfecter après votre passage », ont simplement répondu les services municipaux.

Conséquence : l’Aïd n’a pu être célébré dans la ville de Seine-Saint-Denis. « Elle aurait pu être organisée dans des conditions satisfaisantes », déplorent les membres de l’association musulmane qui regrette « d’autant plus que cette décision injustifiée de la municipalité de Montfermeil a privé les musulmans de la ville de la plus importante des fêtes Musulmanes ».