Julio Le Parc et Vladimir Velickovic pour la peinture, Jef Aerosol pour l’art urbain, Henri Cartier-Bresson, Martine Franck et la Vénézuélienne Anabell Guerrero pour la photo, Vincent Barré et Françoise Pierson pour la sculpture, Bilal et Tardi pour la BD etc.: toutes les formes d’expression sont représentées.

C’est la troisième exposition organisée par l’IMA à partir des collections qu’elle héberge, riches de quelque 400 pièces et qui ne cessent de s’enrichir.

Tout est parti d’un partenariat signé en 2015 entre l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, président de l’IMA, et Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l’Unesco, initiateur de ce projet visant à constituer « un musée national palestinien ».

Sur le cartel de chacune des 50 œuvres exposées est indiqué « Collection du Musée national d’art moderne et contemporain de la Palestine ».

« C’est un musée palestinien en exil formé de dons d’artistes de différents pays que nous accueillons depuis trois ans dans nos réserves », a expliqué Jack Lang à l’AFP. Il souhaite qu’un jour cette collection « prenne place dans un musée spécialement construit à Jérusalem-Est ».

« On peut appeler ce projet utopique mais nous sommes dans la filiation de musées » qui avaient été pensés « pour le Chili pendant la dictature de Pinochet et l’Afrique du Sud durant l’apartheid et qui aujourd’hui existent dans ces pays », a déclaré l’ambassadeur Sanbar.

Pour le Prix Goncourt 2004 Laurent Gaudé, chargé de la sélection des oeuvres avec l’artiste Ernest Pignon-Ernest, « notre geste étant d’offrir des oeuvres au public palestinien, pourquoi ne pas lui offrir la couleur ? Car il y a un piège dès qu’on pense palestinien: on va tout de suite mentalement vers quelque chose de dur, de noir et blanc, de heurté ».

Au même moment, l’IMA présente « Mémoires partagées », une exposition de photos et vidéos d’artistes arabes choisis dans la vaste donation que l’IMA a reçue du collectionneur libanais Claude Lemand : la Tunisie de jadis en noir et blanc, des femmes allongées dans leur intérieur de la Franco-Algérienne Halida Boughriet ou les fenêtres ouvertes sur l’horizon de la Syrienne Randa Maddah.