Les parlementaires participaient à l’audition à l’Assemblée nationale de représentants de syndicats étudiants dans le cadre d’une commission d’enquête « pour mesurer et prévenir les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse », créée à l’initiative de l’ex-ministre et élue communiste Marie-George Buffet qui en est la rapporteure.

Après la prise de parole des syndicalistes étudiants, le député LR (Les Républicains, droite) du Pas-de-Calais (nord) Pierre-Henri Dumont, faisant un « rappel au règlement », s’est indigné du voile porté par la vice-présidente du syndicat étudiant Unef, Maryam Pougetoux.

Il a estimé qu’il s’agissait d’un « acte communautariste délibéré » enfreignant « le principe de laïcité auquel doit s’astreindre notre assemblée ».

La présidente de la commission parlementaire, Sandrine Mörch, a répondu en dénonçant un « mauvais procès » et en rappelant qu' »aucune règle n’interdi(sai)t le port de signe religieux pour les personnes auditionnées ».

Les députés LR ont quitté la salle et ont été rejoints par Anne-Christine Lang du parti présidentiel La République en Marche (LREM) qui a déclaré que le « port du hijab » (foulard islamique qui encadre le visage) était « incompatible » avec ses « valeurs ».

« Je ne peux accepter qu’au sein de l’Assemblée nationale, le coeur battant de la démocratie, nous acceptions qu’une personne se présente en hijab devant une commission d’enquête », a-t-elle affirmé.

« En tant que députée et féministe, attachée aux valeurs républicaines, à la #laïcité et aux #droitsdesfemmes, je ne peux accepter qu’une personne vienne participer à nos travaux à l’#AN en hijab, qui reste pour moi une marque de soumission », a complété Mme Lang dans un tweet.

Sa collègue Sandrine Mörch lui a rétorqué qu’elle ne laisserait pas « ce faux débat autour du voile rentrer dans cette commission censée travailler sur l’avenir et le présent de la jeunesse dans une situation très compliquée ».

Maryam Pougetoux avait été au coeur d’une polémique en 2018 lorsque plusieurs personnalités politiques dont Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, avaient critiqué l’Unef, syndicat étudiant de gauche, pour avoir désigné une étudiante voilée comme porte-parole.