Depuis les attentats de Paris, le 13 novembre, les actes islamophobes ont augmenté. Le CFCM en déplore vingt-quatre.

Depuis les attentats qui se sont déroulés à Paris vendredi soir, les actes antimusulmans ont explosé. On n’en est pas encore à l’après-Charlie, mais le CFCM appelle les musulmans à prendre leurs précautions.

Si le langage de la guerre est en train d’abonder dans les médias et dans les bouches de nos dirigeants, dans la rue, ce sont des scènes d’après-attentat désolantes que l’on observe parfois. Comme en janvier, où une cinquantaine d’actes dirigés contre les musulmans – mosquées vandalisées, insultes, agressions… – avaient été recensés dans les cinq jours qui avaient suivi la tuerie de Charlie Hebdo, puis la prise d’otages à l’Hyper Cacher, des actes islamophobes ont été à nouveau perpétrés sur le sol français. Vingt-quatre, selon l’Observatoire contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Dégradations de mosquées, violences…

Un Conseil français du culte musulman qui a appelé « les musulmans de France à la prudence. » Certes – preuve que les amalgames sont certainement moins fréquents que suite aux attentats contre Charlie –, « nous n’en sommes heureusement pas au stade de janvier », tempère le secrétaire général du CFCM, Abdallah Zekri. Mais c’est un constat : « La situation évolue. » En effet, le nombre d’actes antimusulmans dépasse largement la moyenne. Concernant ces derniers, ils se décomposent en six actions – dégradations de mosquées et violences physiques – et en dix-huit menaces et insultes. Des actes qui ont débuté dès la nuit suivant les attentats.

Le CFCM dénonce les amalgames sur l'Islam

Parmi les actions dénoncées, le CFCM rappelle les croix peintes en rouge sur la mosquée de Créteil. Mais aussi les inscriptions sur les portes d’une salle de prière, indiquant : « France, réveille-toi ! » Une boucherie halal dans les Pyrénées-Atlantiques a également été taguée. Enfin, plusieurs « passages à tabac » sont dénoncés par le CFCM, comme celui d’un homme à Pontivy, dans le Morbihan, par des groupuscules identitaires. Ou encore l’agression de cette jeune musulmane voilée qui a été traitée de « terroriste » parce qu’elle portait le hijab.

La classe politique trop silencieuse

« Il est désolant que la classe politique n’ait pas dénoncé ces actes ignobles ni apporté un soutien rassurant à l’égard des citoyens, musulmans certes, mais membres de la communauté nationale », avait déploré Abdallah Zekri après les actes post-Charlie. Il avait, en outre, appelé « les citoyens à ne pas faire l’amalgame entre la grande majorité des musulmans Français qui vivent en paix avec une infime minorité qui prône la violence et même la mort au nom de notre religion. » Espérons qu’aujourd’hui, cette même classe politique prenne enfin la parole pour dénoncer l’islamophobie sans arrière-pensée électorale.

Depuis les attentats, 24 actes antimusulmans recensés sur le territoire (ici)

Yassine Bannani

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