« Somoza est un fils de pute, mais c’est notre fils de pute », disait Roosevelt à propos du président du Nicaragua. Une phrase criante de vérité et qui pourrait se conjuguer à l'infini avec la France et certains chefs d'Etat.

Pourquoi la France traite-t-elle aujourd’hui avec l’infréquentable Arabie Saoudite ? Nous avons trouvé la réponse dans une phrase qu’aurait prononcée un certain Roosevelt en 1939…

« Somoza est un fils de pute, mais c’est notre fils de pute. » C’est en ces termes, prêtés à Franklin D. Roosevelt, que le chef d’Etat américain parlait du président du Nicaragua lors de son intronisation. Autrement dit, Somoza était, certes, un dictateur sanguinaire, mais il servait les intérêts des Etats-Unis dans leur lutte contre le communisme.

Si la célèbre phrase n’a peut-être, en réalité, jamais été prononcée par Roosevelt, elle en reste tout de même d’une vérité criante. Plus de soixante-quinze ans plus tard, elle pourrait d’ailleurs s’appliquer à nombre de chefs d’Etat, de Netanyahu pour les Américains à Bachar el-Assad pour les Russes. Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, s’est d’ailleurs approprié cette même phrase pour qualifier la relation entre Kadhafi et les Européens devant le Parlement européen.

Du côté français, le pouvoir a ses « fils de p… », notamment en Afrique. Plusieurs présidents y règnent en dictateurs, modifiant à leur guise la constitution de leur pays sans que ça ne pose problème à la France. Mais s’il est un roi de la catégorie qui surpasse sans aucun doute ces dictateurs africains, c’est bien le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud et toute sa famille. Car le régime de Ryad cumule les dossiers à charge contre lui :

  • Depuis 2013, le pays maltraite de nombreux migrants sans papier, comme le dénonce Human Rights Watch dans un rapport intitulé : « Détenus, battus, expulsés : Exactions saoudiennes contre les migrants au cours des expulsions de masse. » L’Arabie Saoudite aurait expulsé une moyenne de près de 2 000 clandestins par jour, sans « leur assurer une procédure juridique régulière, notamment le droit de contester leur expulsion », précise l’ONG.
  • Le royaume puni l’homicide, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue, la sorcellerie, l’adultère, la sodomie, l’homosexualité, le sabotage, et l’apostasie par la peine de mort. Si bien que l’on ne compte plus les décapités par sabre, les lapidations, crucifixions et exécutions par arme à feu. Au cours de l’année 2014, le royaume saoudien avait exécuté 87 personnes. Le 23 mars dernier, ce chiffre montait déjà à 76 rien que pour l’année 2016.
  • Amnesty International dénonce de son côté « des dizaines de défenseurs des droits humains emprisonnés. » C’est le cas de Raïf Badawi, fouetté régulièrement.
  • Enfin, le royaume aurait, jusqu’à aujourd’hui, tué plus de 3 000 civils au Yemen pour une action d’envergure menée avec une coalition qui marie la carpe et le lapin. 

Le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud et son entourage sont donc sans conteste des « fils de p… », mais une Légion d’honneur, 10 milliards de dollars de contrats commerciaux et des livraisons d’armes plus tard, on remarque que, comme le disait si bien Franklin D. Roosevelt, ce sont bien les « fils de p… » de la France. A moins que ce ne soit l’inverse.

Karim Idrissy

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