La promesse du dernier film de Quentin Tarantino, « Les Huit salopards », est largement tenue avec ce long-métrage captivant.

Avec « Les Huit salopards », Quentin Tarantino offre un film à couper le souffle. Nous l’avons vu et le résultat est à la hauteur de nos espérances.

Un coup de massue oui un coup de massue. Avec ses « Huit salopards », Tarantino le « sale gosse » frappe fort, très fort. Avec un casting composé des Tarantiniens historiques comme Mickael Madsen, Kurt Russell,Tim Roth ou Samuel Lee Jackson, auxquels il a ajouté Jennifer Jason Leight, « Les Huit salopards » avait déjà tout pour nous faire saliver. Tarantino a su offrir à ses acteurs des dialogues remarquables dans lesquels chacun d’entre eux pouvait laisser exploser son talent, pour le plus grand plaisir du spectateur.

Mettez tout ce beau monde dans une intrigue à la Agatha Christie sur fond de film mi-western, mi-horreur. Puis ajoutez la magnifique musique du maître Ennio Morricone qui va imprégner — et même « enduire » — le spectateur de cette atmosphère de traîtrise et de violence. Et vous obtenez un film qui deviendra forcément culte. Certes un film très violent, mais Tarantino s’adresse à des spectateurs qui font la différence entre la violence réelle et « sa violence » à lui, celle qu’il veut… fun.

Tarantino la joue presque comme Sartre

Mais au delà de son ultra-violence, le film offrira de belles surprises à un moment ou le cinéma peine justement à nous surprendre. La photographie est confondante: un arrogant format 70 millimètres et les extérieurs deviennent des plus enchanteurs. Ainsi, dans le seul et unique décors — chez Minnie — qui servira de huis clos et où toute l’action se déroulera, ce format donnera à chaque élément un relief particulier. L’utilisation des lumières sont de toute beauté. Et — plus important — pendant presque trois heures, un scénario bien ficelé. Car l’intérêt suscité par Tarantino arrive à nous faire surmonter une certaine lassitude.

Tarantino semble commenter directement l’Amérique, mais dans une allégorie où la petite mercerie de Minnie devient à elle seule l’Amérique toute entière. Et dans cet « enfer de blancs », Tarantino nous brosse, avec ses « Huit salopards », un portrait sans concession du pays d’Oncle Sam. Le huis clos de Tarantino, dans lequel la morale pourrait être « l’enfer c’est les autres », n’est pas sans nous rappeler le « Huis Clos » de Jean-Paul Sartre. Ou, pour aller plus loin, un certain « Banquet » de Platon.

« Les Huit salopards », un film de Quentin Tarantino, avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Mickael Madsen, Tim Roth et Jennifer Jason Leigh.

Salma Ben Taïeb

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