Les Parisiens du 16e ne veulent pas de réfugiés ni de SDF dans leur arrondissement. Et pour cela, ils sont prêts à se révolter. Les autorités tremblent déjà...

Les habitants du 16e arrondissement de Paris ne veulent pas des réfugiés et des SDF, qui pourraient bien être 200 sur trois ans si le projet de centre d’accueil aboutit.

Scandale dans le 16e arrondissement de Paris. Les habitants de ce quartier huppé de Paris entrent en Résistance. La raison de leur courroux ? On voudrait installer, aux abords de cet arrondissement, un centre d’hébergement d’urgence pour accueillir des migrants et des SDF. Les riverains y voient déjà un futur Sangatte ou une « jungle » façon Calais. Et ils se mobilisent donc pour ne pas laisser débarquer l’envahisseur. Ce Front de libération du 16e tendance champagne-caviar semble prêt à se battre au péril de sa vie pour ne pas laisser des étrangers fouler cette terre sainte léguée par leurs ancêtres. Il faut dire que les préfabriqués qui vont y être construits ne sont pas très haussmanniens et risquent donc de faire tâche lors des balades dominicales au Bois-de-Boulogne.

Mélanger riches et pauvres n’a pas de sens

Mais que fait la police ? En tout cas, cette mobilisation fait plaisir à voir. Nous qui pensions que les Parisiens du 16e se laisseraient faire, les voilà prêts à lever une armée pour se battre contre l’ordre établi. Des rebelles en Hugo Boss et Ray-Ban qui feront tout pour que leur arrondissement ne deviennent pas le cent-unième Molenbeek français. Et les slogans sont des révolutionnaires en herbe : « Mettre ceux qui n’ont rien à côté de ceux qui ont tout, ça n’a pas de sens », explique notamment une habitante du quartier. En Afrique du Sud, on aurait appelé cela de l’apartheid. Dans la France socialiste, on appelle cela un problème de logique économique. Pratique.

Mais attention, pas d’amalgame ! Ces gens du 16e ne sont pas « les gens du 16e », écrit Alain Genestar, journaliste et directeur de Polka Magazine, dans Le Monde. En tant qu’habitant de l’arrondissement en question, Genestar s’est désolidarisé des extrémistes du 16e, avant certainement que les « seizophobes » de L’Humanité ou de Libé ne lui en intiment l’ordre. On saluera la démarche. D’autant que le prix de son appartement pourrait bien baisser à cause de cette nouvelle « jungle. » Pire, des restaurants à kebabs risqueraient même de fleurir un peu partout dans les rues très animées de ce quartier parisien déjà très multiculturel. Sans compter qu’on tremblera en laissant dans les rues les Porsche Cayenne et autres voitures de luxe.

Du caviar à la révolution

Du côté des habitants du 16e, on assure qu’il ne faut pas y voir du racisme, mais d’abord un peu de solidarité avec l’étranger. On veut simplement éviter à ces migrants, réfugiés et SDF de vivre au-dessus de leurs moyens. Bon, outre cette empathie envers les gens pauvres, les habitants du 16e défendent également leur terre tels des Charles Martel des temps modernes. « Les gens du 16e sont réputés pour rester le cul dans leur fauteuil, à regarder la télé et manger du caviar, mais il défendent leurs intérêts comme les autres », prévient le maire des Les Républicains, Claude Goasguen. Les barricades de l’avenue Victor Hugo et de l’avenue Foch vont-elles concurrencer celles de mai 68 ?

Frédéric Geldhof

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